Vous aimeriez que vos dessins soient beaux et propres tout de suite ? Vous gommez, vous reprenez, vous recommencez… et un seul croquis finit par vous prendre une heure ? Ou alors votre joli carnet reste bien rangé au fond du sac, de peur de gâcher une page avec un dessin raté ?
Si vous vous reconnaissez là-dedans, vous êtes loin d’être seul. Dans un petit questionnaire auquel 77 d’entre vous ont répondu cette année, la peur, le perfectionnisme et le manque de confiance sont arrivés en tête des difficultés, devant le manque de temps. Avec des phrases comme « je me mets trop la pression avant de dessiner donc j’abandonne mon objectif nature journaling ! » ou « l’envie que ce soit beau et propre tout de suite ».
Je connais bien ce piège. Quand je me suis vraiment mis au dessin, en 2023, au moment de lancer ce blog, j’avais un carnet… que je ne sortais quasiment jamais. Je ne voulais pas gâcher des feuilles avec des dessins moches, j’avais l’impression de ne pas avoir encore le niveau pour dessiner dedans.
Pour l’aquarelle, c’était encore plus flagrant : j’avais acheté tout le matériel plus de 3 ans avant de m’en servir pour la première fois.
Dans cet article, je commence par expliquer pourquoi ce piège du « beau dessin » fait dessiner moins, puis je vous partage les 6 choses qui m’ont aidé à m’en détacher. Et pour finir, je réponds aux doutes qui peuvent encore vous retenir.
Une bonne partie de cet article s’appuie sur le livre Art & Fear de David Bayles et Ted Orland, qui a mis des mots sur des choses que je ressentais sans arriver à les formuler.
Pourquoi le perfectionnisme fait-il moins dessiner ?
Le perfectionnisme fait moins dessiner parce qu’un « beau dessin » demande beaucoup de temps et d’énergie. Quand on n’a qu’un petit moment devant soi, ou qu’on ne se sent pas au niveau, on remet le dessin à plus tard. Et en nature journaling, dessiner moins veut aussi dire observer moins la nature.
Un beau dessin prend du temps, alors on le repousse
Une personne avec qui j’échangeais en visio a très bien décrit ce cercle vicieux : « J’étais trop concentrée sur l’aboutissement d’un dessin, bien joli, du coup ça me prenait du temps, et comme je n’avais pas de temps je ne pouvais pas le faire. C’est un cercle, ça ne finit pas en fait. »
Le cercle vicieux du beau dessin
J’ai vécu exactement ça au début. Pendant mon défi de 30 jours pour apprendre le dessin naturaliste, je commençais souvent par une partie bien détaillée, une aile ou une patte, dessinée avec beaucoup d’attention.
C’est seulement en avançant sur le reste que je me rendais compte que ça ne collait pas : les proportions n’allaient pas, la patte ne s’emboîtait pas bien avec le corps… Il fallait alors effacer la partie travaillée avec soin et tout recommencer, et un dessin complet pouvait vite me prendre 3 ou 4 heures.
Long, mais j’en suis plutôt content 🙂
Dans la vie de tous les jours, on a rarement 3 heures devant soi, alors on attend le bon moment… et pendant ce temps, le carnet reste dans le sac.
À force de vouloir faire de beaux dessins de la nature, je sortais de moins en moins mon carnet, et donc j’observais moins la nature… alors que c’était justement pour mieux la regarder que je m’étais mis à dessiner.
Et même une fois le carnet sorti, on efface, on recommence, et on passe finalement plus de temps à regarder sa feuille que ce qu’on a sous les yeux.
Pour résumer : vouloir un beau dessin prend du temps, donc on dessine moins souvent, et quand on dessine, on regarde plus sa feuille que la nature. Ce perfectionnisme pèse d’autant plus que nos dessins nous déçoivent presque toujours un peu, même quand on y a passé du temps.
Pourquoi nos dessins nous déçoivent-ils toujours un peu ? 3 raisons
Nos dessins nous déçoivent pour trois raisons principales : ce qu’on a en tête est toujours plus beau que ce qu’on dessine, on les compare aux plus belles pages des autres, et on prend chaque page ratée comme un verdict sur soi. Ces trois raisons sont tirées du livre Art & Fear. Ses auteurs, David Bayles et Ted Orland, sont deux photographes qui enseignent aussi, et leurs constats s’appuient sur leur propre pratique et sur ce qu’ils ont vu chez leurs élèves au fil des années.
1. Ce qu’on a en tête est toujours plus beau que ce qu’on dessine
C’est un peu comme chanter sous la douche : dans votre tête, c’est Céline Dion. Sur l’enregistrement… un peu moins 😉
David Bayles raconte qu’après quelques mois de piano, il s’est plaint à son professeur : « J’entends la musique tellement mieux dans ma tête que ce qui sort de mes doigts ». Le professeur lui a répondu : « Qu’est-ce qui te fait croire que ça changera un jour ? »
Quand on progresse, l’œil progresse en même temps que la main : on voit de mieux en mieux ce qu’on voudrait obtenir, donc l’écart reste là, chez les débutants comme chez ceux qui pratiquent depuis longtemps.
L’œil garde toujours une longueur d’avance
La petite déception devant la page est donc plutôt bon signe : elle montre ce qu’on vise, et du coup ce qu’on peut travailler.
2. On compare ses dessins aux plus belles pages des autres
Les carnets qu’on voit sur les réseaux sociaux ou dans les livres sont des pages finies, et souvent triées. On n’y voit pas les dessins ratés d’avant, les hésitations, les traits effacés, ni le temps passé.
Quand on compare son dessin du jour, avec toutes ses hésitations bien visibles, à ces pages-là, on compare son brouillon au résultat final des autres. La comparaison est perdue d’avance, et elle n’aide pas vraiment à progresser.
Ce que les réseaux ne montrent pas
3. On prend une page ratée pour un verdict sur soi
Quand je ne sortais pas mon carnet parce que je n’avais « pas le niveau », chaque dessin raté avait un peu l’air d’une preuve : la preuve que je n’étais pas doué pour ça. Les auteurs décrivent bien ce mécanisme : quand on se confond avec ce qu’on fait, une page ratée devient une personne ratée. Chaque sortie dessin se transforme alors en contrôle surprise.
Le livre décrit aussi la spirale qui suit. On voit ses erreurs, alors on se replie sur ce qu’on sait déjà faire, pour ne plus en commettre, on repousse le moment de dessiner (tant qu’on ne dessine pas, on ne rate pas), on se persuade qu’on n’arrivera jamais au dessin parfait… et on arrête.
La spirale du perfectionnisme
J’avais déjà parlé des pièges du perfectionnisme dans un encadré de cet article, si vous voulez aller plus loin : Comment dépasser le regard des autres quand on dessine dehors ?
En bref, nos dessins nous déçoivent parce que ce qu’on a en tête est toujours plus beau que ce qu’on dessine, qu’on les compare aux plus belles pages des autres, et qu’on prend une page ratée pour un verdict sur soi. Cet écart restera là, mais on peut tout à fait progresser et dessiner avec moins de pression malgré lui. Voici ce qui a marché pour moi.
Comment se détacher du perfectionnisme en dessin ? 6 astuces
Pour se détacher du perfectionnisme, le plus efficace est de dessiner beaucoup, vite, et pour soi : faire beaucoup de croquis, dessiner d’abord pour se souvenir, poser des traits de construction, accepter le brouillon, regarder sa dernière page pour savoir quoi travailler, et dater ses pages pour se comparer à soi-même. Ce sont les 6 choses qui m’ont aidé. Tout ne vous parlera peut-être pas, prenez ce qui vous convient.
1. Faire beaucoup de dessins, même rapides
Faire beaucoup de dessins donne de meilleurs dessins, parce que chaque dessin, même raté, apprend quelque chose : une proportion à revoir, une forme qu’on comprend mieux, un trait qu’on posera autrement la prochaine fois.
Dans Art & Fear, les auteurs racontent l’histoire d’un professeur de céramique qui, le premier jour, divise sa classe en deux. Le groupe de gauche sera noté uniquement sur la quantité : le dernier jour, le professeur apportera sa balance de salle de bain et pèsera tous les pots produits. Le groupe de droite sera noté sur la qualité : un seul pot suffit, mais il doit être parfait.
À la fin du cours, les plus beaux pots sont tous sortis… du groupe noté sur la quantité. Pendant que ces élèves enchaînaient les pots et apprenaient de leurs erreurs, l’autre groupe avait surtout réfléchi à la perfection, pour finir avec de grandes théories et un tas d’argile sèche.
Des petits, des petits pots, encore des petits pots… (Enes Beydilli, Pexels)
Pour un carnet, chaque croquis compte comme un pot de plus sur la balance, même fait en deux minutes, même raté 😉
John Muir Laws, un naturaliste et illustrateur américain, parle lui de « kilomètres de crayon » : chaque dessin en ajoute quelques-uns au compteur. Ma peur de « gâcher des feuilles » prenait donc les choses à l’envers, puisque ce sont justement ces feuilles-là qui préparent les pages dont on sera content.
Croquis express d’une minute
Pour enchaîner les croquis sans y passer des heures, le dessin chronométré est un très bon exercice.
Le saviez-vous ?
En cherchant d’où venait cette histoire, j’ai découvert qu’elle est vraie, mais un peu arrangée. Ted Orland a expliqué qu’elle vient d’un cours de photo pour débutants du photographe Jerry Uelsmann, à l’université de Floride. Il a remplacé la photo par la céramique pour varier les arts cités dans le livre.
2. Dessiner d’abord pour se souvenir
Le déclic le plus important, pour moi, a été de changer le but de mes dessins. Aujourd’hui, un dessin me sert d’abord à garder une trace de ce que j’ai observé, un peu comme une prise de notes : la forme d’une feuille, la posture d’un oiseau, une question qui me vient sur place…
Silex in the forest
Un raisonnement tout simple m’a beaucoup aidé : si je ne fais pas de dessin, je ne me souviendrai pas de ce que j’ai observé. Un croquis approximatif garde quand même bien plus de choses en mémoire que pas de croquis du tout, et il n’a pas besoin d’être beau pour ça. Pour en savoir plus sur cette façon de dessiner, vous pouvez faire un tour sur cet article : Comment se souvenir de ses balades nature grâce au dessin.
3. Poser des traits de construction avant les détails
Les traits de construction ont réglé mon problème d’aile ou de patte dessinée en détail, puis effacée. Le principe : on pose d’abord les grandes formes et les proportions avec quelques traits légers, on vérifie que l’ensemble tient, et seulement ensuite on ajoute les détails. Les erreurs se voient tôt, au moment où elles sont rapides à corriger.
Un oiseau en 7 étapes
J’ai détaillé tout ça dans cet article : Comment faire des dessins plus facilement : les traits de construction.
Pendant un moment, une fois ces traits posés, je repassais le dessin plus précisément au stylo bic. Comme on ne peut pas effacer, on ne revient pas dix fois sur le même trait : on fait avec les petites erreurs, et on avance. Je dessine assez peu au stylo aujourd’hui, mais à cette période ça m’a vraiment aidé à lâcher un peu le perfectionnisme.
4. Accepter le brouillon, et voir le carnet comme un outil
Pendant longtemps, j’ai beaucoup dessiné sur des feuilles de brouillon que je jetais ensuite. Si le carnet vous intimide, c’est une très bonne solution : l’important est de dessiner et de pratiquer, peu importe le support. Chaque feuille jetée compte quand même comme un pot sur la balance.
Pour le carnet, c’est surtout quand il est neuf qu’il intimide : toutes ces pages blanches, on n’a pas trop envie de les gâcher. Une fois qu’il y a quelques ratures et quelques pages ratées dedans, ça va beaucoup mieux.
Ça aide aussi de se rappeler qu’un carnet de terrain n’est pas un objet précieux, ni une œuvre d’art : c’est un outil, fait pour prendre des notes et observer. Pour vous le prouver, voici une page de mon carnet qui n’est pas terrible 🙂
Pas très jolie, mais bien utile
5. Regarder sa dernière page pour savoir quoi travailler
Les auteurs d’Art & Fear ont une idée que je trouve très juste : ce qu’il faut savoir de votre prochain dessin se trouve dans le précédent. La dernière page montre où la main bloque, ce qu’on évite, ce qu’on aime faire. Encore faut-il la regarder sans la juger.
Une page ratée reste une simple page ratée, qui donne surtout des informations sur la pratique. Pour la regarder sans la juger, j’essaie de garder un regard critique sur ce que je fais, sans tomber dans l’autocritique sévère, qui décourage bien plus qu’elle ne fait avancer. La question à se poser devient alors « qu’est-ce que je peux travailler la prochaine fois ? » : des proportions à mieux vérifier, un sujet plus simple, moins de détails au début…
6. Dater ses pages pour se comparer à soi-même
Puisque la comparaison avec les pages des autres est perdue d’avance, la plus utile, c’est celle avec vos propres dessins. Pour ça, il suffit de dater vos pages.
Je le fais dans mon carnet, d’abord parce qu’en nature journaling c’est utile de savoir à quel moment de l’année une observation a été faite. Mais j’ai découvert après coup que ça permettait aussi de voir le chemin parcouru en dessin.
J’avoue ne pas l’avoir fait de façon très disciplinée : quand je dessinais sur des feuilles de brouillon, je ne les datais pas, et je finissais par les jeter. Avec le recul, c’est un peu dommage, parce que les fois où je l’ai fait, ça m’a vraiment servi.
Le jour où on se sent découragé, revoir ses premières pages aide à ne pas voir seulement ce qui ne va pas, en oubliant d’où on est parti.
Pour résumer, les 6 astuces qui m’ont aidé à me détacher du perfectionnisme :
- Faire beaucoup de dessins, même rapides : c’est la quantité qui fait progresser
- Dessiner d’abord pour se souvenir, un croquis n’a pas besoin d’être beau pour ça
- Poser des traits de construction avant les détails, pour ne plus tout effacer
- Accepter le brouillon, et voir le carnet comme un outil
- Regarder sa dernière page pour savoir quoi travailler, sans la juger
- Dater ses pages, pour se comparer à soi-même
Ces changements m’ont aidé à dessiner plus souvent et avec beaucoup moins de pression. Avant de vous lancer, il reste peut-être quelques questions ou quelques doutes, alors je réponds aux plus fréquents.
Les doutes qui peuvent encore vous retenir
Comment faire quand on manque de temps ?
C’est justement le perfectionnisme qui fait manquer de temps : un « beau » dessin peut demander une heure, un croquis rapide deux ou trois minutes. Quelques croquis rapides se glissent dans n’importe quelle balade, et ils comptent autant pour progresser. Pour en faire une habitude, j’ai rassemblé quelques idées dans cet article : 5 astuces pour dessiner tous les jours sans se décourager.
Peut-on quand même viser de beaux dessins ?
Bien sûr, l’envie de faire un beau dessin est une très bonne motivation 🙂 Aller plus vite sur le terrain sert surtout à avoir plus de temps pour observer, faire plusieurs dessins, ajouter de la couleur.
Et rien n’empêche, de retour à la maison, de reprendre un croquis avec une photo pour en faire un dessin plus abouti. Les beaux dessins arrivent aussi plus souvent quand on en fait beaucoup, c’est toute l’histoire des pots.
Faut-il du talent pour dessiner ?
Je me suis longtemps posé la question du talent, et je pensais moi aussi que le dessin était un don. Le dessin s’apprend, comme le reste, avec une méthode et de la pratique. J’en parle en détail, avec mon propre parcours, dans cet article : Le don du dessin à portée de main.
Que faire si on a peur qu’on regarde son carnet ?
Le regard des autres est une autre peur, un peu différente du perfectionnisme, qui demande d’autres solutions : commencer dans des lieux calmes, dessiner à plusieurs, garder ses pages pour soi au début… Tout est dans cet article : Comment dépasser le regard des autres quand on dessine dehors ?
Et quand on arrête de dessiner pendant plusieurs semaines ?
Faire une pause de quelques semaines arrive à tout le monde, à moi aussi. Les auteurs d’Art & Fear font une distinction qui m’aide à moins me décourager : s’arrêter et abandonner, ce n’est pas pareil. On s’arrête tout le temps, quelques jours ou quelques semaines, et on n’abandonne qu’une fois, quand on ne recommence plus.
Une période creuse fait partie de la pratique, il suffit de reprendre le crayon, de préférence avec un petit croquis rapide.
Le perfectionnisme finit-il par disparaître ?
Le perfectionnisme n’a pas besoin de disparaître pour que vous dessiniez. Chez moi aussi, il revient de temps en temps : j’ai du mal à regarder mes anciens dessins, parce que je suis assez sévère avec moi-même. Mais il ne m’empêche plus de sortir le carnet.
Un oiseau, ça bouge énormément…
Avec ces astuces, il pèse beaucoup moins, et on dessine quand même.
Pour résumer : le manque de temps, le talent, le regard des autres ou une pause de quelques semaines ont tous une réponse, et aucun n’empêche de commencer. Si vous voulez voir ce que ça donne chez vous, je vous propose un petit exercice.
Un petit exercice pour dessiner avec moins de pression
Si le cœur vous en dit, essayez pendant une semaine de faire beaucoup de petits croquis rapides, quelques minutes chacun, sans gommer. Sur une feuille de brouillon ou dans votre carnet, comme vous préférez. Peu importe le sujet : une feuille ramassée en balade, l’oiseau à la mangeoire, la plante sur le rebord de la fenêtre…
À la fin de la semaine, regardez votre dernière page et notez une seule chose à travailler la prochaine fois. Puis posez-vous quelques questions :
- Avez-vous dessiné plus souvent que d’habitude ?
- Avez-vous passé plus de temps à regarder votre sujet que votre feuille ?
- Avez-vous trouvé, dans la semaine, un croquis dont vous êtes plutôt content ?
Et vous, sous quelle forme le perfectionnisme se manifeste-t-il chez vous ? L’envie que ce soit beau tout de suite, la gomme qui chauffe, le carnet qui reste dans le sac… Dites-le-moi en commentaire, j’y répondrai avec plaisir 🙂
Ressources
- David Bayles et Ted Orland, Art & Fear: Observations on the Perils (and Rewards) of Artmaking, 1993. Traduit en français sous le titre Petit éloge des arts : repérer et surmonter les peurs à toute pratique artistique (Retz, 2007).
- Fabrice Midal, cours en ligne Avoir confiance en soi, 2022 (pour les pièges du perfectionnisme).
- John Muir Laws, The Laws Guide to Nature Drawing and Journaling, Heyday, 2016 (pour les « kilomètres de crayon »).
- Sur l’origine de l’histoire des pots : Austin Kleon, Quantity leads to quality: the origin of a parable (en anglais).
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