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« Apprendre à dessiner, c’est en réalité apprendre à voir » – Kimon Nicolaïdes, The Natural Way to Draw

Est-ce qu’on peut vraiment progresser en dessin avec quelques exercices de base, pratiqués tous les jours ? Faut-il chercher des techniques toujours plus poussées, ou est-ce que l’essentiel se trouve dans des exercices tout simples, répétés avec régularité ?

C’est une question que je me pose depuis un moment… Le dessin de geste et le dessin en contour aveugle m’ont beaucoup aidé à progresser, mais je les ai toujours pratiqués de façon ponctuelle, un exercice de temps en temps, sans vrai programme. Et en ce moment, je dessine moins régulièrement. J’ai l’impression de m’appuyer surtout sur mes acquis, et de ne plus beaucoup avancer.

Ces deux exercices viennent du même livre : The Natural Way to Draw, de Kimon Nicolaïdes. C’est un classique du dessin, publié en 1941, dont s’est notamment inspirée Betty Edwards pour son livre Dessiner grâce au cerveau droit. Et il a une particularité : c’est un vrai programme, avec des heures de dessin à faire avant de passer à la suite.

J’ai donc décidé de le suivre à la lettre, 3 heures par jour pendant 5 semaines, à partir du 9 novembre. Dans cet article, je vous partage un résumé des deux premières parties du livre, consacrées au contour et au geste, et le programme de ce défi. Le résumé des trois parties suivantes arrivera dans un deuxième article, juste avant le début du défi 🙂

Quelques précisions sur ce résumé

Le livre compte 25 sections, ce résumé en deux articles couvre seulement les 5 premières, celles du défi. Nicolaïdes a écrit son cours pour dessiner d’après un modèle vivant, en atelier. Il précise lui-même que, à quelques exceptions près, ses exercices s’appliquent aussi bien aux objets et aux paysages, et c’est sous cet angle que je l’ai lu : celui de quelqu’un qui dessine surtout la nature. Le livre n’existe pas en français, les citations sont donc traduites par mes soins 😉

Un livre à faire plutôt qu’à lire

The Natural Way to Draw reprend le cours que Kimon Nicolaïdes donnait à l’Art Students League de New York, sous la forme d’un programme d’un an. Chaque section se termine par la même consigne : dessiner trois heures selon un programme précis, puis seulement lire la suite. Pour l’auteur, lire ce livre sans faire les exercices reviendrait à lire un livre de calcul sans jamais faire les problèmes.

Chaque section correspond à 15 heures de dessin, réparties en 5 séances de 3 heures. Avec 25 sections, on arrive à 375 heures sur l’année… Nicolaïdes demande de suivre ces programmes à la lettre et de ne pas lire la suite avant d’avoir dessiné, parce que chaque exercice prépare le suivant.

Quelques principes reviennent tout au long du livre :

  • Tout le monde commence au début, même ceux qui dessinent depuis vingt ans. Chaque exercice doit être une expérience nouvelle.
  • Une seule idée à la fois. L’auteur « braque le projecteur » sur un aspect du dessin, puis sur un autre, pour qu’on puisse s’y concentrer complètement. Les exercices se rejoignent plus tard.
  • Du matériel bon marché, papier kraft ou papier journal, pour ne jamais avoir peur de « gâcher » une feuille. Et pas de gomme avant l’exercice 28 !
  • Le résultat ne compte pas. « Ne vous inquiétez pas si, pendant les trois premiers mois, vos études ne ressemblent à rien de ce que vous avez déjà vu appeler un dessin. »

Nicolaïdes prend l’exemple du chant : un professeur de chant commence par des exercices de respiration, et personne ne s’attend à ce qu’on les chante devant un public. Pour lui, les progrès se voient dans la façon dont on regarde ce qui nous entoure, plus que sur le papier.

Bref, c’est un programme où l’on dessine beaucoup, une idée à la fois, sans se soucier de faire de beaux dessins. Alors installez-vous, c’est parti pour la première partie 🙂

Partie 1 – Contour et geste

La première section présente les deux exercices sur lesquels repose tout le livre : le dessin de contour, très lent, et le dessin de geste, très rapide. Pour Nicolaïdes, les deux s’équilibrent. Dans les études longues, on comprend comment le sujet est construit ; dans les études rapides, on attrape son mouvement, ce qu’il appelle le geste (gesture en anglais, un terme souvent employé tel quel en français).

Un nœud dessiné en contour puis en dessin de geste, The Natural Way to Draw

Un nœud en contour, puis en geste (Nicolaïdes, 1941)

Voir avec tous les sens

Avant le premier exercice, l’auteur explique ce qu’il entend par « voir ». Pour lui, on dessine bien ce qu’on connaît par le toucher et par l’usage : un golfeur sait dessiner un club de golf, un marin sait dessiner une voile, alors qu’ils n’essaieraient même pas de dessiner bien d’autres choses qu’ils voient tous les jours.

Il imagine aussi un Martien qui regarderait un paysage à côté de nous. Il voit la même chose, mais là où il ne voit qu’une tache blanche au loin, on reconnaît une maison, avec des pièces et des gens dedans. Le dessin dépend donc autant de ce qu’on sait du sujet que de ce qu’on voit.

Exercice 1 : le dessin de contour

Le principe : dessiner le bord du sujet sans regarder sa feuille, en gardant les yeux sur le modèle. L’œil suit lentement le contour, et le crayon avance exactement au même rythme sur le papier, avec la conviction de toucher le sujet. Quand le contour rentre à l’intérieur de la forme, on peut jeter un coup d’œil à la feuille pour repartir d’un autre point, mais on ne dessine jamais en regardant le papier.

C’est un exercice très lent. Nicolaïdes le compare à l’ascension d’une montagne, pas après pas, plutôt qu’au survol en avion. Un contour ne se termine pas : si vous avez fait le tour du sujet avant la fin du temps prévu, c’est sans doute que vous allez trop vite. Et si votre dessin a l’air trop « correct », c’est probablement que vous avez regardé la feuille 😉

Côté sujets, il conseille de commencer par les contours les plus « palpables » d’un paysage, la courbe d’une colline ou le bord d’un tronc, puis tout ce qui a été façonné par la nature ou par l’usage : une fleur, un caillou, un fruit, une vieille chaussure. Pour ralentir, il propose aussi de dessiner avec l’autre main. J’ai détaillé cet exercice dans cet article : L’exercice le plus efficace pour le dessin d’observation.

Exercice 2 : le dessin de geste

Le dessin de geste se fait en une minute ou moins, d’un trait continu, avec un crayon gras, sans lever la main. Le crayon tourne sur la feuille, traverse le sujet, en sort parfois, sans chercher à suivre les bords. Toute la consigne tient dans une phrase : « Dessinez non pas à quoi la chose ressemble, ni même ce qu’elle est, mais ce qu’elle fait. »

Pour Nicolaïdes, le geste se ressent dans son propre corps. Si le modèle se penche, on doit sentir ses propres muscles se pencher, sinon le dessin n’est « qu’une carte ou un plan ». Autre consigne importante : dans les cinq premières secondes, poser quelque chose de chaque partie du sujet. Il raconte qu’il laissait parfois ses élèves commencer une pose de cinq minutes, puis faisait descendre le modèle au bout d’une minute. La plupart ne pouvaient pas continuer, parce qu’ils avaient commencé par un détail, les cheveux par exemple, sans regarder la pose entière.

Deux canards en dessin de geste, The Natural Way to Draw

Deux canards en dessin de geste (Nicolaïdes, 1941)

Pour s’entraîner sans modèle, il envoie ses élèves là où ça bouge : un terrain de jeu, une rue animée, une piscine… Dehors, un oiseau qui picore ou un animal qui broute fait très bien l’affaire.

Pour préparer cet article, j’ai fait une séance d’essai sur le site Line of Action, qui affiche des photos de référence chronométrées : 30 dessins d’une minute, uniquement des animaux, enchaînés sans pause. Mon habitude, même en dessin rapide, ce sont plutôt des petits traits courts, qui permettent d’ajuster souvent. Le geste demande l’inverse, et au début, c’était vraiment difficile : crayon tenu fermement, poignet raide…

Au fil des dessins, les conseils d’un cours de John Muir Laws sur le dessin des animaux sont revenus : détendre le poignet, le bras et l’épaule, et tenir le crayon un peu plus haut, loin de la mine, pour être moins crispé et lâcher un peu le contrôle. Tracer de grandes lignes plutôt que des petits traits restait difficile à la fin, mais l’aisance venait petit à petit, avec moins d’attention au résultat. C’est l’intérêt d’un bloc d’une demi-heure plutôt que de petites séances séparées : les consignes reviennent d’un dessin à l’autre, et on se détend au fil des croquis.

Les animaux dont on comprend l’anatomie et la posture, comme les oiseaux pour moi, vont aussi beaucoup plus vite. Moins d’allers-retours entre la feuille et la photo, et on retient mieux ce qu’on observe. Au bout de 30 minutes, la fatigue se fait quand même sentir, pas besoin de faire plus long !

En relisant le livre après la séance, je me suis rendu compte que j’avais souvent levé le crayon, alors que Nicolaïdes demande un trait continu, du début à la fin du croquis. Ce sera un des points à travailler pendant le défi 🙂

Page de croquis de geste d'une minute au crayon : lapin, poisson et oiseaux

Une minute par animal, pas une de plus 🙂

Cinq feuilles de croquis de geste d'animaux étalées sur une table

30 minutes, 30 animaux

Le saviez-vous ?

Les élèves de Nicolaïdes appelaient ces croquis des « gribouillis », et l’un d’eux trouvait que les siens ressemblaient à « un emmêlement de fil de pêche ». L’auteur leur demandait d’en faire des centaines, sans jamais en exposer un seul.

Exercice 3 : les contours croisés

Les contours croisés complètent le dessin de contour. Au lieu de suivre le bord du sujet, on part d’un point du bord et on traverse la forme, comme un cerceau autour d’un tonneau, en suivant ses creux et ses bosses. Il n’y a aucune ligne visible pour se guider, il faut sentir la forme. C’est ce que j’appelle les lignes de contour sur le blog, d’après John Muir Laws : Lignes de contour : comment placer textures et détails facilement.

Pour résumer, cette première partie alterne des contours très lents, où l’on « touche » le sujet du regard, et des gestes très rapides, où l’on attrape ce qu’il fait. La deuxième partie creuse le geste, et c’est celle qui parle le plus aux dessinateurs de nature, vous allez voir 😉

Partie 2 – Comprendre le geste

La deuxième section approfondit le geste. Pour Nicolaïdes, le geste ne se résume pas au mouvement qu’on voit : il faut chercher ce qui pousse le sujet à prendre cette position. Un homme debout, un pied sur une chaise, le menton dans la main… On peut décrire chaque bras et chaque jambe, mais la première chose à sentir, c’est qu’il est fatigué. La position de ses jambes en découle.

Études de personnages pour saint Sébastien, dessin du Tintoret

Des gestes vus par le Tintoret (études pour saint Sébastien)

Exercice 4 : le geste potentiel

Le modèle prend des poses d’une minute, comme pour le geste, mais au lieu de dessiner la pose qu’on a sous les yeux, on dessine ce que le modèle va faire ensuite. On se trompe presque à chaque fois, et ce n’est pas grave : l’effort de deviner le mouvement suivant aide à comprendre ce qui se passe dans la pose actuelle. Avec un oiseau qui picore ou qui s’apprête à s’envoler, l’exercice prend tout son sens 😉

Nicolaïdes insiste aussi sur l’idée qu’on peut percevoir un geste sans en voir les détails. Il prend l’exemple de la signature : elle n’est jamais deux fois la même, mais on la reconnaît toujours, parce qu’elle a un geste qui lui est propre.

Exercice 5 : la pose éclair

Le modèle monte sur l’estrade, fait un mouvement simple en une fraction de seconde (lever le bras, porter la main au front), puis repart aussitôt. Il ne reste qu’une impression, et c’est elle qu’on dessine. Avec si peu de temps, on est obligé de voir la pose comme un tout.

Le geste dans la nature

C’est sans doute le passage du livre qui parle le plus aux dessinateurs de nature. Pour Nicolaïdes, tout a un geste, même un sujet immobile : un rideau qui pend, un journal posé sur une table, et même une crêpe ! Pour les objets, ce geste vient de leur usage : un couteau est fait pour couper, une balle pour rouler. Pour la nature, il vient de ce qui a donné sa forme au sujet :

  • une plante pousse vers le soleil, et selon l’auteur, sa fleur penche quand elle devient trop lourde pour sa tige (on la voit aussi pencher quand elle fane, ou sous la pluie, pour protéger son pollen) ;
  • un tronc courbé a peut-être été poussé par les tempêtes, ou gêné par un autre arbre pendant sa croissance ;
  • les nuages sont presque entièrement mouvement, ils montrent celui du vent ;
  • l’herbe monte vers le soleil et se couche sous le vent ;
  • un chemin monte sur les collines et redescend dans les vallées, il a été créé par le mouvement et existe pour lui.

Pour l’arbre, il donne une consigne très concrète : un arbre pousse du bas vers le haut, alors on le dessine en partant du pied, en laissant le crayon monter le long du tronc, puis vers l’extérieur le long des branches. Et pour les feuilles, il pose la question : jaillissent-elles comme les étincelles d’une fusée, ou retombent-elles comme de l’eau ?

En bref, la deuxième partie apprend à chercher ce que fait le sujet et pourquoi, qu’il bouge ou non. Les trois parties suivantes du livre portent sur le poids, la mémoire et l’encre : je vous les résume dans le prochain article. En attendant, place au défi : voici comment je vais mettre tout ça en pratique pendant 5 semaines !

Mon défi : 75 heures de dessin en 5 semaines

Le défi commence le lundi 9 novembre et se termine le vendredi 11 décembre. Je vais suivre le programme du livre tel qu’il est écrit, 3 heures par jour, 5 jours par semaine, soit une section par semaine et 75 heures de dessin au total :

Semaine Dates Section du livre
1 9 au 13 novembre Contour et geste
2 16 au 20 novembre Comprendre le geste
3 23 au 27 novembre Le poids et le dessin modelé
4 30 novembre au 4 décembre La mémoire et les études rapides
5 7 au 11 décembre Le dessin modelé à l’encre et la composition quotidienne

L’idée, c’est d’aller jusqu’au bout des 5 semaines… 75 heures, ça fait beaucoup, alors on verra bien ce qui tient ! Je vous raconterai tout à la fin, y compris ce qui aura coincé 😉 Je m’arrête à la section 5, parce que la suivante passe à l’aquarelle, qui demande un autre matériel.

À quoi ressemble une journée du programme

Chaque section du livre est accompagnée d’un tableau qui détaille les 5 séances de la semaine. Voici celui de la première semaine :

Durée Lundi Mardi à jeudi Vendredi
30 min Contour (1 dessin) Geste (25 dessins) Geste (25 dessins)
30 min Contour (1 dessin) Contour (1 dessin) Contours croisés (1 feuille)
15 min Contour (1 dessin) Geste (15 dessins) Geste (15 dessins)
15 min Pause Pause Pause
30 min Contour (1 dessin) Geste (25 dessins) Geste (25 dessins)
1 h Contour (1 ou 2 dessins) Contour (1 ou 2 dessins) Contour (1 ou 2 dessins)

Les demi-heures de geste comptent 25 dessins d’une minute : dans le livre, le modèle se repose cinq minutes à chaque demi-heure. Et si 3 heures d’affilée vous paraissent beaucoup, l’auteur propose lui-même de répartir les 15 heures de la semaine en sept séances de 2 heures, ou en quatorze séances d’une heure.

Ce que je vais dessiner

Le livre est écrit pour un modèle vivant en atelier, je vais donc l’adapter à ce que j’ai autour de moi. Pour le geste, j’utiliserai beaucoup Line of Action. Pour le reste, je vais essayer de dessiner un maximum d’après nature, en extérieur : des arbres, des plantes, les chèvres qui vivent pas très loin de chez moi, et les canards et les mouettes d’un plan d’eau voisin. S’il pleut, je me rabattrai sur mes plantes d’intérieur, et sur des fruits et légumes pour le contour aveugle.

Côté matériel, je reste simple : du papier, un crayon graphite gras, et un feutre pour la partie à l’encre.

Ce que je vais partager

Pendant le défi, je publierai chaque semaine sur Instagram des croquis, des extraits de séances et mes impressions, avec un premier point après les deux semaines de geste. En décembre, je publierai un article de bilan et une vidéo sur YouTube. J’y partagerai aussi mon retour sur le livre, ce qui m’a le plus aidé et ce qui m’a paru plus difficile à suivre, avec le recul de ces 5 semaines de pratique.

Et si vous tentiez le défi avec moi ?

Tout le monde n’a pas 3 heures par jour pour dessiner, et ce n’est pas indispensable pour profiter du livre. Ce qui compte surtout dans le programme de Nicolaïdes, c’est de dessiner un peu tous les jours, avec des exercices simples, une idée à la fois. Si l’idée vous tente, je vous propose de suivre le défi en version allégée : 30 minutes par jour, 5 jours par semaine, à partir du lundi 9 novembre 🙂

Pour vous lancer dès cette semaine : le dessin de contour

Avant le début du défi, vous pouvez déjà tester le dessin de contour, l’exercice qui ouvre le livre. Choisissez un moment où vous avez 10 à 15 minutes devant vous, sans être dérangé. Prenez un sujet simple que vous avez sous la main : une feuille d’arbre, un fruit, un caillou, ou votre propre main. Installez-vous pour pouvoir dessiner sans voir votre feuille, puis suivez lentement le bord du sujet des yeux, en faisant avancer le crayon au même rythme.

Prenez vraiment votre temps, c’est le cœur de l’exercice. Plutôt qu’un minuteur, qui met la pression, vous pouvez lancer un chronomètre au début et regarder à la fin combien de temps vous avez mis. Les consignes détaillées sont dans cet article : L’exercice le plus efficace pour le dessin d’observation.

Une fois l’exercice fini, ne vous attardez pas sur le résultat, il aura sûrement l’air bizarre. Demandez-vous plutôt : combien de temps avez-vous mis ? Avez-vous réussi à garder les yeux sur le sujet ? Avez-vous remarqué des détails que vous n’aviez jamais vus avant ?

Le programme allégé des deux premières semaines

Semaine 1, du 9 au 13 novembre (contour et geste)

  • Du lundi au jeudi : 10 croquis de geste d’une minute, sur Line of Action ou en regardant les oiseaux par la fenêtre, puis 15 minutes de dessin de contour, comme dans l’exercice ci-dessus.
  • Le vendredi : les 10 croquis de geste, puis 15 minutes de contours croisés à la place du dessin de contour. Prenez un fruit ou un caillou, et dessinez-le plusieurs fois sur votre page avec des lignes qui traversent sa forme, d’un bord à l’autre.

Semaine 2, du 16 au 20 novembre (comprendre le geste)

Chaque jour, commencez par les 10 croquis de geste d’une minute, et terminez par 10 minutes de dessin de contour. Entre les deux, 10 minutes d’un des exercices de la semaine :

  • lundi et mardi, le geste potentiel : observez un oiseau, à la mangeoire ou dans un parc, et dessinez ce qu’il va faire juste après ;
  • mercredi et jeudi, la pose éclair : sur Line of Action, regardez la photo une ou deux secondes seulement, puis détournez les yeux et dessinez l’impression qui vous reste ;
  • vendredi, le geste dans la nature : dehors ou par la fenêtre, dessinez un arbre ou une plante en partant du pied, en laissant le crayon monter comme elle a poussé.

Les semaines 3 à 5 arrivent dans le prochain article, le 6 novembre, avec leur version allégée. Vous aurez donc tout le programme avant le début du défi.

Comment suivre le défi

Chaque semaine, je partagerai mes croquis et mes impressions sur Instagram. Si vous n’y êtes pas, pas de souci : après les deux semaines de geste, j’enverrai un petit point d’étape par mail aux abonnés de la newsletter. Et je ferai le bilan complet en décembre ici, sur le blog. Si vous tentez l’aventure, même quelques jours seulement, dites-le-moi en commentaire, ça me fera très plaisir de savoir qu’on dessine ensemble 🙂 Et si vous connaissiez déjà ce livre, je suis curieux d’avoir votre avis !

Quelques mots sur l’auteur

Kimon Nicolaïdes est né en 1891 à Washington, d’un père grec qui importait des objets d’art d’Asie. Il a étudié à l’Art Students League de New York, notamment avec George Bridgman, connu pour ses livres d’anatomie. Pendant la Première Guerre mondiale, il a servi en France dans l’armée américaine, comme peintre de camouflage.

De retour à New York, il a enseigné le dessin à l’Art Students League jusqu’à sa mort en 1938. Il travaillait alors à The Natural Way to Draw, qui était resté inachevé. Une de ses anciennes élèves, Mamie Harmon, a supervisé la fin du livre, publié en 1941. Il est encore utilisé aujourd’hui.

Références du livre

NICOLAÏDES, K. The Natural Way to Draw: A Working Plan for Art Study; Houghton Mifflin: Boston, 1941.

Le livre n’existe qu’en anglais. On le trouve notamment en version numérique (EPUB) sur le site de la Fnac.

Ressources

Sommaire des sections 1 à 5

  • Section 1 – Contour et geste : exercice 1, le dessin de contour · exercice 2, le dessin de geste · exercice 3, les contours croisés
  • Section 2 – Comprendre le geste : exercice 4, le geste potentiel · exercice 5, la pose éclair
  • Section 3 – Le poids et le dessin modelé : exercice 6, le poids · exercice 7, le dessin modelé
  • Section 4 – La mémoire et les études rapides : exercice 8, le dessin de mémoire · exercice 9, l’action en mouvement · exercice 10, les poses décrites · exercice 11, les poses inversées · exercice 12, les poses de groupe
  • Section 5 – Le dessin modelé à l’encre et la composition quotidienne : exercice 13, le dessin modelé à l’encre · exercice 14, la composition quotidienne

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