« Si l’on me demandait ce qui, plus que tout, apprend à dessiner, je répondrais : dessiner, sans relâche, avec fougue, avec minutie. » – Kimon Nicolaïdes, The Natural Way to Draw
Cet article est la deuxième partie d’un résumé du livre de Kimon Nicolaïdes, The Natural Way to Draw. Si vous n’avez pas lu la première, vous pouvez la retrouver ici 😉 J’y résume les deux premières sections du livre, le contour et le geste, et j’y présente mon défi : suivre le programme du livre pendant 5 semaines, à raison de 3 heures de dessin par jour, à partir du 9 novembre.
Dans cette suite, je vous résume les sections 3 à 5, celles des trois dernières semaines du défi : le poids et le dessin modelé, la mémoire et les études rapides, puis le dessin à l’encre et la composition quotidienne. Comme pour la première partie, je les ai lues avec les yeux de quelqu’un qui dessine surtout la nature. À la fin de l’article, vous trouverez le programme complet des semaines 2 à 5, et sa version allégée de 30 minutes par jour pour les semaines 3 à 5.
Partie 3 – Le poids et le dessin modelé
Pour Nicolaïdes, « le poids est l’essence de la forme ». Il remarque que beaucoup d’élèves pensent rendre le volume d’un sujet en ajoutant des ombres à sa surface. Pour montrer ce qui manque, il cite deux défauts qu’on voit souvent dans les tableaux. Certains nuages ont l’air si solides qu’ils semblent en fonte, et on s’attend à les voir tomber par terre. Certains personnages paraissent creux comme des ballons, et on dirait qu’ils vont s’envoler. Dans les deux cas, le peintre a dessiné la forme sans sentir ce qu’elle pèse.
C’est la partie du livre la plus éloignée de ce qu’on fait d’habitude en dessin de nature. Dans ses exercices, on ne trace aucun contour : on remplit la forme du sujet avec une grande masse sombre, au crayon gras. Ils travaillent pourtant quelque chose d’utile pour un caillou, un tronc ou même un oiseau : faire sentir que le sujet a un volume et un poids, au lieu d’en dessiner seulement le bord.
Exercice 6 : le poids
L’exercice se fait avec un crayon gras utilisé sur le côté, jamais sur la pointe. Le livre demande un crayon lithographique, un crayon très gras prévu à l’origine pour dessiner sur la pierre, qu’on casse en deux pour s’en servir à plat. Un bâton de graphite ou un crayon graphite très tendre (6B ou plus) permettent aussi de faire l’exercice. Pour ma part, j’utiliserai un crayon graphite gras.
On part du cœur du sujet, le centre de la forme entière et pas seulement de la partie visible, et on remplit vers l’extérieur jusqu’à atteindre ses bords. L’auteur compare ça au travail d’un sculpteur qui ajoute de la terre autour d’une armature, jusqu’à remplir l’espace qu’occupe le modèle.
Il n’y a aucune ligne dans ce dessin, et les bords restent flous. On obtient une masse sombre, d’autant plus noire qu’on y passe du temps, et ça n’a aucune importance. Pour bien sentir la différence entre poids et volume, il propose d’alterner des sujets légers et lourds de même forme : un oreiller et une barre de fer, des nuages et des cailloux.
Un dessin du poids : aucune ligne, une masse qui part du cœur de la forme (The Natural Way to Draw, 1941)
Pour expliquer ce qu’il appelle le cœur de la forme, il prend l’exemple d’une souche : on y voit que l’arbre a grandi depuis son centre, vers l’extérieur. Et il raconte avoir vu une petite fille de trois ans dessiner une pomme : elle a posé un point rouge sur la feuille, puis a tourné autour avec son crayon jusqu’à obtenir une pomme bien ronde et bien rouge. Il ajoute qu’il a passé beaucoup de temps à essayer d’expliquer ce qu’elle a fait naturellement 🙂
Exercice 7 : le dessin modelé
Le dessin modelé prolonge l’exercice du poids. On commence par dix minutes de dessin du poids, puis on « touche » les surfaces du sujet avec le côté du crayon, de haut en bas puis en travers. La règle : appuyer fort là où la forme s’éloigne de vous, et légèrement là où elle s’approche. À la fin, les zones les plus sombres du dessin sont les plus éloignées, même si elles n’ont rien de sombre sur le modèle.
Pour un exercice sur le poids, cet élève de Nicolaïdes a choisi un modèle qui n’en manque pas 😉 (The Natural Way to Draw, 1941)
Pour résumer, après le contour et le geste, cette partie fait sentir ce que pèse le sujet et comment il occupe l’espace. La quatrième revient aux études rapides, de mémoire cette fois.
Partie 4 – La mémoire et les études rapides
Nicolaïdes part d’une remarque simple : presque tout dessin est un dessin de mémoire. Dès qu’on quitte le sujet des yeux pour regarder la feuille, même une seconde, on dessine ce dont on se souvient. Seul le dessin de contour y échappe, puisqu’on y garde les yeux sur le sujet sans regarder la feuille. Quand on fait des allers-retours entre le sujet et la feuille, on retient le sujet par petits morceaux, en espérant les assembler à la fin. Mieux vaut donc apprendre à le mémoriser en entier, d’un seul coup d’œil.
Exercice 8 : le dessin de mémoire
Le modèle prend trois poses d’une trentaine de secondes, puis disparaît. Pendant ce temps, on regarde les bras croisés, le crayon dans la poche, sans dessiner. On a ensuite une minute pour dessiner les trois poses en geste. Au début, on reste souvent devant une feuille blanche… Il faut dessiner quelque chose quand même, et recommencer. Avec la pratique, on retient une pose, puis deux, puis trois. Certaines de ses classes arrivaient à dix poses au bout d’un an.
Pour lui, on retient le mouvement avec ses muscles plus qu’en réfléchissant, un peu comme on tape à la machine sans chercher les lettres. J’en parlais dans cet article, si vous voulez en savoir plus : Comment entraîner sa mémoire visuelle pour mieux dessiner la nature.
Le livre est écrit pour un modèle qui pose en atelier, je vais donc l’adapter de deux façons. À la maison, j’utiliserai les photos d’animaux de Line of Action, en choisissant une seule catégorie, les oiseaux par exemple, et un affichage de 30 secondes par photo. Je regarde trois photos, sans dessiner, puis je cache l’écran et je les dessine de mémoire en une minute. Dehors, je ferai la même chose avec les canards et les mouettes du plan d’eau, ou avec les chèvres : j’observe trois attitudes, une trentaine de secondes chacune, puis je tourne le dos au sujet pour les dessiner de mémoire.
Exercice 9 : l’action en mouvement
Le modèle répète le même mouvement pendant trois minutes, par exemple se retourner en tendant le bras, puis revenir. On dessine sur la même feuille deux ou trois positions de ce mouvement, le début et la fin, en ne dessinant qu’une seule fois ce qui ne bouge pas. Le pied resté au sol n’est tracé qu’une fois, le bras qui se tend apparaît à chacune de ses positions.
Pour la nature, c’est très pratique avec un oiseau. Son corps reste en place pendant qu’il tourne la tête : on dessine le corps une fois, et plusieurs têtes, souvent tracées plus légèrement. On montre ainsi le mouvement de l’animal, et on gagne du temps, puisqu’on ne redessine pas tout le corps à chaque fois. John Muir Laws utilise la même astuce, avec d’autres conseils pour dessiner les animaux en mouvement, dans cette vidéo (en anglais) : Animals on the Move.
Les oies à deux têtes sont rares dans la nature, mais bien pratiques dans un carnet 😉
Nicolaïdes conseille aussi de s’y entraîner au quotidien, sur quelqu’un qui coupe du bois ou qui étend du linge. Dehors, ça marche avec tout animal qui répète le même mouvement.
Exercices 10 à 12 : trois autres variantes du geste
La suite de la section propose trois autres variantes, toujours en geste :
- La pose décrite (10) : on dessine d’abord une pose à partir d’une simple description, puis la vraie pose.
- La pose inversée (11) : on dessine la pose comme si on la voyait dans un miroir. L’auteur conseille d’essayer aussi sur des objets, un meuble ou une maison.
- Les poses de groupe (12) : deux ou trois personnes qui posent ensemble, dessinées comme un seul ensemble et pas l’une après l’autre.
La pose décrite me parle beaucoup en dessin de nature. Il arrive souvent qu’un oiseau change de position ou s’envole en plein dessin, et il faut alors le terminer avec ce qu’on sait de lui, sans l’avoir sous les yeux. C’est la même capacité que travaille cet exercice : construire une pose à partir de ce qu’on connaît du sujet.
Bref, cette partie apprend à voir le sujet en entier, d’un coup, et à le garder en tête. La cinquième et dernière partie du défi passe à l’encre.
Partie 5 – Le dessin modelé à l’encre et la composition quotidienne
La cinquième section s’ouvre sur les idées toutes faites. On dessine trop souvent une chose telle qu’on l’a vue dessinée, plutôt que telle qu’elle est. Beaucoup de peintres, écrit l’auteur, apprennent à peindre un genou en première année et peignent ensuite le même genou toute leur vie.
Pour lui, le remède consiste à revenir à ce que nos sens nous disent du sujet. Il donne deux exemples tirés de la nature. Quand on dessine de l’eau, il faut se rappeler qu’elle est lourde et mouillée, au lieu d’y voir seulement une couleur. Et face à un sous-bois, il conseille d’y entrer par la pensée : on y trouve des arbres placés les uns derrière les autres, là où un regard rapide ne voit que des taches de vert.
Exercice 13 : le dessin modelé à l’encre
C’est le même exercice que le dessin modelé, mais à l’encre. On part du centre de la forme et on remplit vers l’extérieur avec un gribouillis qui tourne, sans lever le stylo. Puis on « touche » les surfaces, en appuyant fort là où la forme s’éloigne et légèrement là où elle se rapproche. Une pointe couvre beaucoup moins de surface que le côté d’un crayon, il faut donc repasser souvent pour remplir la forme. Nicolaïdes demande de ne pas avoir peur : appuyer fort, quitte à déchirer le papier ou à faire des taches, et continuer jusqu’à ce que le dessin soit complètement noir s’il le faut.
Le livre recommande une plume à pointe ronde et épaisse, qui glisse dans tous les sens. Un simple stylo bille fait l’affaire : son trait fonce quand on appuie.
Un modèle qui ne tient pas en place, dessiné à l’encre et sans contour par un élève de Nicolaïdes (The Natural Way to Draw, 1941)
Exercice 14 : la composition quotidienne
Chaque jour, un petit dessin d’environ 13 x 18 cm, fait de mémoire, en un quart d’heure au plus, d’une scène vue dans les dernières 24 heures : des personnes dans un lieu, et ce qu’elles y font. On ne corrige jamais, on passe au suivant le lendemain. Ses exemples sont des scènes de ville (le restaurant, le cireur de chaussures, le salon de coiffure), mais rien n’empêche de dessiner une scène vue en balade.
Pour l’auteur, « aucun autre exercice du livre n’est plus important ». « Ces compositions n’ont pas besoin d’être justes. Elles peuvent être complètement fausses. L’important, c’est de les faire, trois cent soixante-cinq d’ici à la même date l’an prochain. » Il le présente comme des devoirs à la maison, à faire chaque jour à partir de cette section. Dans le programme, il commence le deuxième jour de la semaine 5, et je m’y mettrai donc à ce moment-là.
Pour résumer, ces trois parties reprennent le geste et le contour de la première semaine et y ajoutent le poids, la mémoire et l’encre.
Le programme des semaines 2 à 5
Comme pour la première semaine, présentée dans le premier article, chaque section du livre commence par un tableau qui détaille les 5 séances de 3 heures. Je vous les ai traduits et un peu simplifiés : quand une ligne change d’un jour à l’autre, je l’indique dans la case. Comme dans le livre, les jours sont numérotés de 1 à 5 plutôt que nommés : 5 jours de dessin par semaine, à vous de choisir lesquels. Les demi-heures de geste comptent toujours 25 dessins d’une minute.
Semaine 2 : comprendre le geste
| Durée | Exercice |
|---|---|
| 30 min | Geste (25 dessins), le jour 5 d’après des objets |
| 30 min | Contours croisés (1 feuille) |
| 15 min | Jour 1 : geste potentiel (15 dessins) Jour 3 : pose éclair (15 dessins ou plus) Les autres jours : geste (15 dessins) |
| 15 min | Pause |
| 30 min | Geste (25 dessins) |
| 1 h | Contour (1 dessin) |
Semaine 3 : le poids et le dessin modelé
| Durée | Jours 1 à 3 | Jours 4 et 5 |
|---|---|---|
| 30 min | Geste (25 dessins) | Geste (25 dessins) |
| 30 min | Poids (1 dessin) | Dessin modelé (1 dessin) |
| 15 min | Geste (15 dessins) | Geste (15 dessins) |
| 15 min | Pause | Pause |
| 30 min | Geste (25 dessins) | Geste (25 dessins) |
| 1 h | Poids (2 dessins) | Dessin modelé (2 dessins) |
Semaine 4 : la mémoire et les études rapides
| Durée | Exercice |
|---|---|
| 30 min | Geste (25 dessins) |
| 30 min | Dessin modelé (1 dessin) |
| 15 min | Mémoire (15 dessins, en 5 groupes de 3 poses) |
| 15 min | Pause |
| 30 min | Jour 1 : geste (25 dessins) Jour 2 : action en mouvement (8 dessins) Jour 3 : pose décrite (10 dessins) Jour 4 : pose inversée (10 dessins) Jour 5 : poses de groupe (12 dessins) |
| 1 h | Dessin modelé (1 dessin) |
Pour la pose décrite et la pose inversée, la moitié des dessins se fait d’imagination, et l’autre moitié d’après la vraie pose.
Semaine 5 : le dessin modelé à l’encre et la composition quotidienne
| Durée | Exercice |
|---|---|
| 30 min | Geste (25 dessins) |
| 30 min | Dessin modelé à l’encre (1 dessin) |
| 15 min | Jours 1, 3 et 5 : mémoire (15 dessins) Jour 2 : action en mouvement (5 dessins) Jour 4 : pose décrite (6 dessins) |
| 15 min | Pause |
| 30 min | Geste (25 dessins) |
| 1 h | Dessin modelé à l’encre (1 ou 2 dessins) |
À partir du jour 2, la composition quotidienne s’ajoute chaque jour, en dehors de ces 3 heures.
Le défi en version allégée : les semaines 3 à 5
Si vous suivez le défi en version allégée, 30 minutes par jour, voici la suite du programme. Les semaines 1 et 2 sont dans le premier article. Comme dans le livre, le contour laisse sa place aux nouveaux exercices, et les 10 croquis de geste d’une minute ouvrent toujours la séance. Les jours sont numérotés de 1 à 5, comme dans le programme complet.
Semaine 3 : le poids et le dessin modelé
Chaque jour, les 10 croquis de geste, puis 20 minutes de l’exercice de la semaine, avec un crayon gras utilisé sur le côté :
- jours 1 à 3, le poids : partez du cœur du sujet et remplissez vers l’extérieur, sans aucune ligne. Alternez un sujet léger et un sujet lourd de forme proche, par exemple une éponge et un caillou ;
- jours 4 et 5, le dessin modelé : 5 minutes de poids, puis touchez les surfaces du sujet avec le crayon, en appuyant fort là où la forme s’éloigne de vous. Un tronc, une pomme de pin ou une courge font de bons sujets.
Semaine 4 : la mémoire et les études rapides
Chaque jour, les 10 croquis de geste, puis 5 minutes de mémoire : regardez trois photos sur Line of Action, en choisissant une seule catégorie d’animaux et un affichage de 30 secondes par photo, sans dessiner, et dessinez-les ensuite de mémoire en une minute. Faites-le deux fois. Terminez par 15 minutes d’un des exercices de la semaine :
- jour 1, le dessin modelé, comme la semaine précédente ;
- jour 2, l’action en mouvement : un oiseau à la mangeoire ou sur un plan d’eau. Dessinez son corps une fois, puis ses différentes positions de tête sur le même dessin ;
- jour 3, la pose décrite : partez de ce que vous avez observé. Un canard se lisse souvent les plumes, une mouette se gratte la tête avec la patte. Décrivez une de ces attitudes en une phrase, dessinez-la une minute sans modèle, puis cherchez une photo de ce comportement et dessinez-la deux minutes pour comparer. Faites deux ou trois séries ;
- jour 4, la pose inversée : dessinez un oiseau sur une photo, un arbre ou une chaise comme si vous le voyiez dans un miroir, environ 3 minutes par dessin. Si l’oiseau regarde vers la gauche, vous le dessinez tourné vers la droite. Pour vérifier, plaquez ensuite la feuille contre une vitre, le dessin côté vitre : vu par transparence depuis le dos de la feuille, l’oiseau est de nouveau tourné vers la gauche, et vous pouvez le comparer à la photo ;
- jour 5, les poses de groupe : deux ou trois animaux qui font quelque chose ensemble, par exemple des mouettes qui se disputent un morceau de pain, un couple de canards ou des chèvres couchées les unes contre les autres. Dessinez-les en 2 minutes comme un seul ensemble, en suivant le geste de la scène plutôt qu’un animal après l’autre. Si aucune scène ne se présente, faites l’exercice d’après des photos.
Semaine 5 : l’encre et la composition quotidienne
Pour cette semaine, prenez un stylo bille à la place du crayon. Chaque jour, les 10 croquis de geste, puis :
- jour 1 : 20 minutes de dessin modelé à l’encre, en appuyant sans avoir peur des taches ;
- jours 2 à 5 : 10 minutes de dessin modelé à l’encre, puis la composition quotidienne. En 10 minutes, dessinez de mémoire une scène vue dans les dernières 24 heures, sans rien corriger.
Et si la composition quotidienne vous plaît, rien ne vous empêche de la continuer après le défi. Nicolaïdes en demande une par jour pendant un an.
Conclusion
Avec ces deux articles, vous avez un aperçu des cinq premières sections du livre. Elles reposent sur quatre exercices de base, le contour, le geste, le poids et la mémoire, repris et variés de semaine en semaine.
Mon défi commence le lundi 9 novembre : 3 heures de dessin par jour pendant 5 semaines, en suivant ce programme. Je partagerai chaque semaine mes croquis et mes impressions sur Instagram, et en décembre, un article de bilan et une vidéo, avec mon avis sur le livre.
Si l’un de ces exercices vous intrigue, ou si vous avez une question sur le livre, posez-la en commentaire, j’y répondrai avec plaisir 🙂
Références du livre
NICOLAÏDES, K. The Natural Way to Draw: A Working Plan for Art Study; Houghton Mifflin: Boston, 1941.
Le livre n’existe qu’en anglais. On le trouve notamment en version numérique (EPUB) sur le site de la Fnac.
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