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La nature change à une vitesse impressionnante en avril. Chaque jour, de nouvelles observations et découvertes sont possibles : migration des oiseaux, floraison des arbres et plantes sauvages, chants des grenouilles, insectes qui butinent…

Beaucoup de ces phénomènes ne durent pas. Si on n’y est pas suffisamment attentif et que l’on ne sort pas au bon moment, c’est donc facile de passer à côté.

Le dessin est une très bonne manière d’être plus attentif, et de garder une trace de tous ces évènements. 

Mais justement, que peut-on observer en avril ? Et comment s’y prendre exactement ?

C’est ce que je vous propose de voir dans cet article ! 

Bonnes découvertes ! 🙂

Quoi observer

Les plantes : carnaval de couleurs et de formes

Arbres en fleurs et débourrement

Après les grands classiques du début du printemps que sont les pommiers et cerisiers, d’autres arbres valent le coup d’œil à cette période de l’année.

Tout d’abord le Marronnier

C’est la star de mi-avril à courant mai. Ses fleurs sont regroupées ensemble et forment de grandes pyramides blanches. Si on se rapproche un peu des fleurs, on peut en voir certaines avec une tache jaune, et d’autres avec une tache rose-rouge… et ce n’est pas un hasard.

Il s’agit d’un signal pour les pollinisateurs qui indique s’il reste du nectar dans la fleur. Une fois pollinisée, la fleur arrête de produire du nectar et la tache passe du jaune au rose-rouge, rendant la fleur moins attractive pour les abeilles et autres pollinisateurs.

Il y a aussi l’Aubépine, qui a son pic de floraison au mois de mai. Impossible de louper toutes les fleurs qui garnissent alors cet arbuste : leur bonne odeur n’échappe pas aux pollinisateurs qui viennent nombreux pour profiter de ces fleurs.

Côté débourrement, l’ouverture des bourgeons qui se transforment en feuilles, il y en a de nombreux à observer à cette période. Ceux des Marronniers et Hêtres sont particulièrement intéressants et faciles à observer.

Fleurs de Marronnier

Pyramide de fleurs blanches du Marronnier (Manfred Richter, Pixabay)

Aubépine en fleurs

Aubépine garnie de fleurs blanches (Wikimedia)

Le tapis forestier

Le début du printemps est la période idéale pour sortir en forêt. Vous pourrez facilement observer de véritables tapis de fleurs à certains endroits, violets, blancs, ou jaunes.

Ces fleurs profitent de l’ensoleillement plus important et de la faible présence de feuilles dans les arbres pour faire l’ensemble de leur cycle de vie sur un temps très court, de la fleur à la graine.

Dès mars et courant avril, on retrouve par exemple la Ficaire, une fleur jaune qui se rencontre dans les sous-bois, mais aussi en lisière, fossés humides, et même parfois dans les jardins.

On retrouve aussi l’Anémone des bois à cette période. Une petite plante qui donne une fleur blanche, qui aime les forêts de chênes et de hêtres. On peut la voir de fin mars à début mai. Elle indique aussi les changements de météo : le soir et lorsqu’il pleut, elle se courbe pour protéger l’intérieur de sa fleur, et le reste de la journée ses fleurs s’orientent vers la lumière.

Côté violet, on retrouve la Jacinthe des bois. Elle forme parfois d’impressionnants tapis violets en sous-bois, de début avril à mi-mai. C’est un spectacle à ne pas manquer 🙂.

Je ne pourrais pas finir cette mini-liste sans parler de l’Ail des ours. Son truc à elle c’est l’ombre et l’humidité : vallons encaissés, bords de ruisseaux forestiers… Les feuilles apparaissent dès mars et ses fleurs blanches à six pétales seront visibles en avril et mai. Elle est comestible mais peut être confondue avec des plantes beaucoup moins sympa à manger comme le muguet. En cas de doute il vaut mieux s’abstenir (vous trouverez quelques conseils ici pour la reconnaître facilement).

Côté plantes, il y a donc de quoi faire en avril. Pour les animaux, vous allez voir, ce n’est pas mal non plus ! 🙂

Jacinthes des bois sous-bois

Le sol devient entièrement violet à certains endroits en forêt (Malcolm West, Pixabay)

Les animaux : grand retour et premières activités

Le ballet des migrateurs : hirondelles et chant du coucou

Si certains migrateurs sont déjà arrivés courant mars, le mois d’avril marque le retour de la plupart des oiseaux voyageurs.

L’arrivée des hirondelles

Les 2 espèces les plus communes et faciles à observer sont l’Hirondelle rustique et l’Hirondelle de fenêtre. La première à revenir est l’Hirondelle rustique, qui arrive entre début et mi-avril. On la retrouve plutôt en milieu rural où elle aime survoler les prairies et étangs. Elle profite des bâtiments ouverts comme les granges et écuries pour construire son nid.

L’Hirondelle de fenêtre arrive un tout petit peu plus tard, plutôt vers la mi-avril à fin avril. On l’observe plus facilement dans les villages, voire même en ville (comme à Paris, où on peut en voir sous un certain arc bien connu par exemple). Elle niche sous les avancées de toits et les corniches des maisons et immeubles.

Que ce soit pour les Hirondelles rustiques ou de fenêtre, des points stratégiques pour les voir sont sur les fils électriques où elles se regroupent souvent, ou au bord des mares où elles collectent de la boue pour leurs nids.

Le coucou, un autre symbole du printemps

Après avoir traversé le Sahara et la Méditerranée, le Coucou est de retour chez nous dès le mois d’avril.

On peut entendre son chant à 1 à 2 kilomètres, voire 3 ou 4 quand les conditions sont optimales (tôt le matin par exemple). Pas facile de le trouver une fois que l’on a entendu son chant donc.

Les coucous font aussi partie des oiseaux qui peuvent manger des chenilles processionnaires et autres chenilles poilues. Il est aussi connu pour ses opérations commando de parasitisme : chaque femelle coucou est spécialisée sur une espèce hôte, son œuf reproduit exactement la couleur et les tâches de sa cible. Elle profite de l’absence de l’oiseau qu’elle cible pour placer son œuf rapidement dans le nid, et repartir, ni vu ni connu.

Hirondelle rustique en vol

L’Hirondelle rustique, un des symboles du printemps (Kev, Pixabay)

Coucou gris posé

Qui a dit Coucou ? (Manoj Ayer, Pixabay)

Observer la nidification : 

Avril, c’est le mois de la nidification pour les oiseaux. Ils s’observent souvent en couple, parfois à faire des allers-retours dans une haie ou un trou d’arbre, en transportant mousse et brindilles. 

Si un oiseau se balade avec des brindilles dans le bec en avril, c’est donc un signe ! Il est sûrement en train de se préparer un petit nid douillet. Installer un nichoir dans son jardin est une manière facile de pouvoir profiter de ce spectacle en donnant un petit coup de pouce aux oiseaux au passage, qui souffrent parfois d’un manque de lieux pour nicher dans certains milieux trop artificialisés (certains existent même avec des caméras intégrées, c’est un peu indiscret mais sympa quand même à observer 🙂).

Quelques précautions s’imposent quand même pour installer un nichoir, plus d’informations ici.

Le réveil des insectes

En avril, c’est aussi le grand réveil des insectes ! Papillons et abeilles solitaires par exemple sortent le bout de leurs antennes à cette période.

Premiers papillons

Certains papillons passent l’hiver sous forme adulte, c’est un pari risqué mais intéressant puisque ce seront les premiers à apparaître au printemps et à pouvoir profiter des premières fleurs.

On retrouve par exemple le Citron (ce qui permet de dire que l’on a vu un citron volant ou un citron pressé s’il va vite), dès les premières journées ensoleillées de mars et avril. Comme son nom l’indique, le mâle est jaune alors que la femelle est plus blanc-verdâtre. Ses ailes imitent les formes des feuilles (nervures comprises).

On le retrouve un peu partout : lisière de forêts, le long des haies, dans les jardins… Pour l’observer facilement, préférez les débuts de matinée (10h-11h) par temps ensoleillé. Il sera moins hyperactif qu’en plein après-midi.

Le Paon-du-jour passe également l’hiver sous forme adulte et peut être observé dès avril. On peut le retrouver sur les pierres, les chemins, ou les premières fleurs du mois. Il aime également les massifs de ronces, les zones d’orties (où il pond) et les jardins fleuris. On le reconnaît bien à ses couleurs marquées et à ses 4 grands « yeux » bleus (des « ocelles ») faits pour effrayer les prédateurs.

Côté abeilles, les abeilles solitaires sont vraiment intéressantes à observer à cette période.

Papillon citron

Citron qui butine au soleil (Jürgen, Pixabay)

Papillon Paon-du-jour

Petit Paon-du-jour qui prend la pose (Erik Karits, Pixabay)

Les abeilles solitaires : attention, mini-volcans

Les abeilles solitaires sont bien moins connues que leur copine l’abeille domestique. Pourtant l’abeille domestique, qui produit du miel, représente une seule espèce, alors qu’il existe entre 800 et 1000 espèces d’abeilles solitaires. Leur rôle est donc essentiel pour les milieux naturels.

Parmi ces abeilles, certaines sont assez faciles à observer grâce à leur mode de vie. Il s’agit des abeilles qui s’abritent dans la terre, les abeilles « terricoles ». Pour les trouver, cherchez de petits monticules de terre de quelques centimètres sur les sentiers battus, les pelouses rases ou les talus sablonneux. Parmi ces abeilles, une est assez facile à reconnaître : l ‘Andrène fauve.

Elle est toute rousse et très poilue. On peut la voir les matins ensoleillés d’avril. Elle préfère les sols un peu tassés et bien exposés au soleil.

Après ce petit tour rapide de ce que l’on peut voir en avril, voyons quelques conseils pratiques pour faire plus d’observations : quand sortir, où aller…

Abeille sauvage Andrène fauve

L’Andrène fauve, entre le félin, la peluche et l’abeille (Entomart, Wikimedia)

Conseils pour l’observation

Principes généraux

Quand sortir ?

Le matin est sans doute le meilleur moment pour faire de belles observations. À l’aube, les oiseaux s’en donnent à cœur joie pour chanter. Les mammifères sortent aussi plus volontiers à ce moment de la journée. 

Un peu plus tard dans la matinée, ce sera le bon moment pour observer les insectes s’il ne fait pas trop frais. Ils profiteront du soleil pour se réchauffer et seront donc plus faciles à observer qu’en pleine après-midi où ils auront parfois tendance à être hyperactifs (c’est particulièrement vrai pour les papillons par exemple).

La fin de journée, quand le soleil est proche de se coucher, est aussi un bon moment pour sortir. Les couleurs changent, donnant un aspect doré aux feuillages et paysages, et là aussi oiseaux et mammifères seront plus actifs et plus faciles à voir ou à entendre.

Enfin, sortir après une pluie permet aussi de faire parfois de belles rencontres, notamment des mammifères. La lumière est alors particulière et l’humidité donne un autre aspect aux paysages, plantes et arbres.

Où aller ?

À cette période de l’année, certains milieux sont particulièrement intéressants à visiter. 

La forêt évidemment. Comme on l’a vu plus haut, les tapis forestiers sont souvent garnis de fleurs sauvages de toutes les couleurs, les oiseaux chantent en nombre le matin, et des mammifères peuvent être croisés avec un peu de chance.

Les haies et les lisières forestières sont aussi très intéressantes. Souvent fleuries à cette période, les haies attireront les pollinisateurs et serviront d’abris pour les oiseaux qui y construisent souvent leurs nids.

Les zones humides bouillonnent aussi de vie en avril : grenouilles qui chantent, libellules qui commencent à se montrer, papillons, oiseaux… Un milieu à ne pas manquer à cette période de l’année.

Comme on l’a vu, avril marque le début de la saison pour les insectes. Certains conseils peuvent aider à les observer plus facilement. C’est ce que je vous propose de voir dans la prochaine partie après ces premiers conseils généraux.

Zoom sur les insectes

Comme on l’a vu, le moment idéal pour les observer tranquillement est le matin. La température de leur corps dépendant de celle de l’extérieur, on peut les voir se chauffer tranquillement au soleil à ce moment de la journée. 

L’après-midi, c’est souvent une autre histoire. Ayant fait le plein de chaleur, ils auront tendance à être un peu plus hyperactifs…

Pour la même raison, évitez les matinées trop fraîches, les insectes resteraient cachés à l’abri du froid.

Pour les pollinisateurs, abeilles, bourdons, papillons… à tout moment de l’année, c’est intéressant de se rendre à certains endroits stratégiques où ils se retrouvent en nombre. 

En avril ce seront les pissenlits, ficaires, mais aussi les arbres et arbustes en fleur comme l’aubépine qui fleurira plus tard en avril et mai. 

À d’autres moments de l’année ce sera les plantes de la famille des Apiacées (en été) comme la carotte sauvage ou la Berce commune et en fin de saison le lierre par exemple.

Dernier petit conseil : attention à ne pas projeter d’ombre sur eux en observant les papillons ou autres insectes posés, cela risquerait de les faire fuir. Des paires de jumelles comme les Papilio de Pentax (qui ont une mise au point minimale très faible) peuvent aussi être utiles pour observer les insectes de près sans les faire fuir.

Pour finir

Et voilà, vous avez maintenant de belles pistes à explorer pour observer la nature en avril.

Pour vous souvenir de toutes ces découvertes et rencontres, vous pouvez aussi prendre le temps de les noter dans votre carnet. Vous trouverez plus de conseils là-dessus, et comment utiliser les mots, mais aussi les dessins, pour noter vos observations, dans les articles du blog qui parlent de carnet nature / nature journaling.

J’espère que cet article vous a plu et vous a donné quelques idées pour votre prochaine sortie. Si vous avez des questions ou des partages, rendez-vous dans l’espace commentaires un peu plus bas. 

J’y répondrai avec plaisir ! 🙂

Bonnes découvertes nature et à très vite !

 

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