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Comment reconnaître d’un coup d’œil les plantes et les animaux que vous rencontrez en balade ? 

Dans la première partie de cet article en 2 parties nous avons vu une stratégie pour y arriver rapidement en nous concentrant sur les espèces que l’on a le plus de chance de rencontrer. Nous avons vu aussi comment savoir quelles informations retenir pour chaque espèce que l’on veut reconnaître.  

En visant l’efficacité, nous avons donc pas mal réduit le nombre d’informations à retenir.
Mais voilà, il reste quand même certains critères et certains noms à apprendre qui souvent ne nous disent pas grand chose. 

Avant d’aller plus loin, je vous conseille fortement d’aller voir la première partie de cet article puisqu’il s’agit ici de la suite directe qui a pour but de voir comment appliquer plus facilement la démarche que nous avons vu juste avant. 

Dans cette deuxième partie, nous allons donc voir comment retenir beaucoup plus facilement et à long terme les critères qui permettent d’identifier les espèces grâce à quelques astuces, principes et outils de mémorisation. 

Nous verrons aussi comment utiliser les applications de reconnaissance d’espèces efficacement pour vraiment apprendre à reconnaître les plantes et les animaux en autonomie. 

C’est parti ! 

Astuces de mémorisation

Entre les noms de famille (Nymphalidés, Lycénidés, …) parfois un peu bizarres et la quantité d’informations à retenir sur le long terme, ça peut sembler un peu compliqué tout ça …

Pas de panique, nous allons voir comment faire grâce à 3 astuces et principes de mémorisation1. 

1. On retient mieux une information que l’on a intérêt à retenir

Ça paraît un peu bête, mais on retient beaucoup mieux quelque chose qu’on a envie de retenir.

Allez donc vers des espèces que vous aimez, que vous avez vraiment envie d’apprendre à reconnaître et soyez clair sur le pourquoi vous avez envie de savoir les reconnaître.

2. Pour mieux retenir, il faut donner du sens

A quoi vous fait penser ce nom bizarre ?

Si vous pouvez donner du sens à une nouvelle information et la relier à une information que vous connaissez déjà, ce sera beaucoup plus facile de la retenir. 

Si on reprend l’exemple du Paon-du-jour, l’espèce de papillon que nous avons vu dans la première partie de l’article, à quoi vous fait penser spontanément ce nom, « Paon-du-jour » ? 

A un paon, l’oiseau, peut-être ?

Est-ce qu’il y a un lien avec l’aspect du papillon ?

Ce papillon a de grands cercles colorés sur ces ailes, qui peuvent faire penser à ceux présents sur la queue du paon …

Bingo, le nom « Paon-du-jour » vous évoque maintenant quelque chose que vous pouvez rattacher directement à ce que vous voyez quand vous observez ce papillon. Ça va donc énormément vous aider à retenir ce nom.

Le tout est que ce nom vous évoque quelque chose, peu importe si c’est la vraie raison qui fait que l’espèce porte ce nom ou pas. 

Vous pouvez donc pensez à de la pop culture (le Geai des chênes vous fait peut-être penser au « Geai moqueur » d’Hunger Games ?) ou donner du sens artificiellement (le papillon “la Petite tortue” porte peut-être ce nom parce qu’il vole lentement, parce que la personne qui l’a découvert l’a observé sur une tortue ou parce que ses ailes lui ont fait penser aux écailles de la carapace d’une tortue …). 

Souvent, les noms d’espèces font références à une caractéristique observable ou à un comportement : le Pouillot véloce, la Carte géographique (pour les motifs des ailes de ce papillon), la Mésange à longue queue, etc

Le nom peut aussi faire référence à un rapport que les sociétés humaines ont avec cette espèce : le Mélilot officinal (utilisé pour ses vertus contre les maux de ventres et les problèmes de digestion par exemple), le Moineau domestique (que l’on retrouve proche des habitations), …

Pour les noms des familles, ça se complique un peu. Ici aussi, le mieux est de trouver spontanément à quoi vous fait penser le nom. 

Comme c’est moins évident, voyons comment faire avec quelques recherches rapides.

Papillon Paon-du-jour posé
Papillon Paon-du-jour posé

Les motifs sur les ailes du Paon-du-jour rappellent vraiment ceux sur la queue du paon (photos de : à gauche, K Wol ; à droite, Allan Lau, Pixabay)

Trouver l’origine du nom avec quelques recherches

Si ce nom ne vous évoque rien du tout, vous pouvez chercher sur Google ou Perplexity par exemple « D’où vient le nom (nom de la famille) ?”

D’ailleurs, si vous n’êtes pas inspiré, vous pouvez faire la même chose avec le nom de l’espèce.

Voici ce que ça donne pour le famille des « Nymphalidae » (qui correspond à la famille du Paon-du-jour) avec l’outil Perplexity si je lui demande « D’où vient le nom Nymphalidae ? » : 

« Le nom « Nymphalidae » a une origine intéressante liée à la mythologie grecque :

Étymologie
Le terme « Nymphalidae » dérive du mot grec « nymphe » (νύμφη). Dans la mythologie grecque, les nymphes étaient des divinités mineures de la nature, souvent associées aux forêts, rivières et montagnes.

Signification
Le choix de ce nom pour cette famille de papillons n’est pas anodin :

  • 1. Il évoque la beauté et la grâce de ces insectes, rappelant les nymphes mythologiques.
  • 2. Beaucoup d’espèces de Nymphalidae vivent dans des habitats naturels comme les forêts et près des cours d’eau, ce qui correspond aux domaines des nymphes dans la mythologie.

Nomenclature scientifique
Le nom « Nymphalidae » a été attribué à cette famille de papillons par le naturaliste Constantine Samuel Rafinesque en 1815. Il s’inscrit dans la tradition des premiers descripteurs de la nomenclature scientifique, comme Carl von Linné, qui puisaient abondamment dans la culture gréco-romaine et la mythologie pour nommer les espèces.

Cette appellation reflète donc à la fois les caractéristiques de ces papillons et l’influence de la culture classique sur la taxonomie scientifique. »

Ce nom un peu bizarre vous évoque maintenant quelque chose que vous pouvez rattacher directement à ce papillon (ici son aspect et son milieu de vie). Il a donc beaucoup plus de sens et devient plus facile à retenir.

Toutes ces astuces ne sont que des sortes de béquilles qui vous aideront à mieux retenir ces noms qui n’évoquent souvent pas grand chose. Assez vite, vous n’en aurez plus besoin et ces noms seront beaucoup plus évidents.

Voyons maintenant comment retenir à long terme grâce à la prochaine astuce. 

3. Le meilleur allié de la mémoire : la répétition

Est-ce que vous avez vu le film Vice-versa ?

Il montre quelque chose de très vrai : tous les jours, le cerveau fait le tri entre les informations utiles, qui sont à conserver, et les informations jugées inutiles, qui sont à oublier (ce qui est plutôt intéressant pour ne pas avoir le disque dur qui surcharge 😉).

Mais du coup, sur quoi se base le cerveau pour savoir quoi conserver et quoi oublier ?

C’est tout simple : une information réutilisée dans un temps court est jugée utile et est mémorisée, une information qui n’est pas réutilisée est jugée inutile et est oubliée.

Il y a donc régulièrement une sorte de test qui est fait et si une information n’a pas été utilisée depuis un moment, elle est supprimée ou enfouie dans les profondeurs de votre mémoire.

C’est sur ce principe que repose la répétition espacée

Selon ce système, une information nouvelle est répétée dans un temps court, si vous vous en souvenez, elle sera répétée dans un pas temps plus éloigné, si vous ne vous en souvenez pas, elle sera répétée dans un pas de temps plus court.

Concrètement, des applications fonctionnent sur ce principe en utilisant des « flashcards »

D’un côté de la carte vous avez la question, de l’autre l’information à retenir. L’application vous pose la question, vous testez si vous vous souvenez de la réponse, vous affichez cette réponse et selon si elle est bonne ou non la carte vous sera reproposée à un pas de temps plus ou moins court.

L’idée est donc de réviser à des pas de temps bien précis pour mémoriser l’information à long terme.

Un outil pratique pour retenir à long terme : Anki

De mon côté, j’utilise l’application « Anki » qui fonctionne sur ce principe. Elle est gratuite et permet de faire tout type de flashcards.

D’un côté j’affiche la photo de l’espèce, et de l’autre les informations que je souhaite retenir : la famille, le groupe et le nom de l’espèce plus tous les critères qui permettent de dire qu’elle appartient à cette famille, ce groupe, et qu’elle a tel nom.

Vous pouvez bien-sûr ajouter toutes les informations qui pourraient vous intéresser en plus : les cas d’utilisation d’une plante, la période d’observation de cette espèce, son habitat, etc

Flashcard recto pour le papillon Machaon

 Recto d’une flashcard faite avec Anki

Flashcard verso, critères pour le papillon Machaon

        Verso de la carte : la réponse

Une fois que vous êtes à l’aise avec le grand groupe d’espèces que vous étudiez (les papillons par exemple), vous pouvez en choisir un autre qui vous intéresse et suivre la même démarche que nous avons vu jusque-là.

En dernier petit conseil, je vous dirais de réviser régulièrement vos flashcards et surtout de sortir dans la nature pour garder la motivation, le sens et le plaisir de mettre en application directement vos nouvelles connaissances.

Les applications pour reconnaître les plantes et les animaux

Mais en fait, pourquoi s’embêter alors que l’on peut reconnaître à peu près tout ce qu’on veut avec une simple application ?

C’est tout simple, si vous utilisez uniquement une application qui vous donne la réponse immédiatement, vous n’apprendrez jamais à reconnaître une espèce. Vous serez à 100% dépendant de cette appli et sans elle vous serez perdu.

Vous n’aurez donc pas le plaisir de vous balader et de reconnaître d’un coup d’œil toutes les espèces qui vous entourent puisqu’il faudra à chaque fois vous arrêter, sortir votre téléphone, et prendre une photo.

Je vois 2 autres limites à ces applications :

  • Bien qu’elles s’améliorent sans cesse, elles ne sont pas fiables à 100% et le résultat dépend en grande partie de la qualité de la photo prise. S’il n’y a pas d’enjeu, ce n’est pas très grave, mais si on va sur des plantes ou des champignons comestibles, ça peut être plus embêtant …
  • Certaines espèces sont très compliquées à prendre en photo avec un smartphone. Les espèces observées de loin comme les mammifères ou celles qui peuvent voler comme les oiseaux ou de nombreux insectes, ne seront pas forcément très coopératifs. Même si vous leur expliquez l’idée, elles ne seront pas plus coopératives (j’ai essayé, ça ne sert à rien).

Mais par contre, bien utilisées, ces applications sont d’une très grande aide pour vraiment apprendre à reconnaître plus d’animaux et de plantes.

L’idée est toute simple : utilisez ces applications pour identifier des espèces que vous ne connaissez pas puis vérifiez le résultat donné en cherchant des photos de l’espèce en question pour voir si elle correspond à votre observation. Vous pourrez ensuite apprendre à reconnaître cette espèce avec la démarche que nous avons vu dans la première partie de cet article.

Vous apprendrez alors à reconnaître de plus en plus d’espèces et vous aurez de moins en moins besoin des applications.

Voici quelques applications bien pratiques :

  • Plantnet, incontournable pour les plantes, les résultats sont très bons et l’application est gratuite.
  • Champignouf, pour les champignons.
  • Merlin Bird ID, pour une reconnaissance à partir de critères, de photo ou de sons.
  • Birdnet, pour une reconnaissance des chants d’oiseaux à partir d’un enregistrement (sur le principe de “Shazam”).
  • Seek et Obsidentify pour une reconnaissance à partir de photo
    Pour plus d’informations sur ces applications et pour en retrouver d’autres, rendez-vous sur cet article.
Il y a un quand même un petit mais.

Bien souvent, sur le terrain, les choses sont un peu différentes

  • Soit parce que l’espèce que vous avez appris à identifier ne ressemble pas tout à fait à la photo que vous avez choisie pour vous entraîner (ce qui est très souvent le cas pour les plantes par exemple), 
  • Soit parce qu’une photo ça ne bouge pas, alors qu’un animal vivant, ça bouge.

Pour le premier problème, vous pouvez utiliser plusieurs photos au moment de créer votre « flashcard » : utiliser différents points de vue, différents stades du cycle de vie et différentes parties s’il s’agit d’une plante (feuille, fruit, fleur, plus ou moins avancé dans la saison). Si vous le pouvez, utilisez vos propres photos, qui vous évoqueront plus quelque chose qu’une photo prise sur internet.

Pour le deuxième problème (les animaux ça bouge), il n’y a pas de secret, il faudra sortir et vous entraîner à observer l’espèce « en vrai ». Pour de nombreuses espèces vous saurez les identifier et pour d’autres, vous aurez déjà en tête ce qu’il faut observer précisément et aurez déjà fait un énorme pas en avant dans tous les cas en ayant suivi la démarche que nous avons vu.

Conclusion

Nous sommes arrivés à la fin de cet article. Vous devriez maintenant avoir une approche clé en main pour apprendre à reconnaître les plantes, les insectes, oiseaux, mammifères, … que vous pouvez rencontrer lors de vos balades 🙂. 

Pour pouvoir appliquer tout ça plus facilement, je vous propose de revoir rapidement l’approche que nous avons vu dans cet article. 

La première chose à faire est de choisir un groupe d’espèces (oiseaux, papillons, plantes, mammifères, …) qui vous intéresse. Ce sera plus facile s’il ne comporte pas trop d’espèces mais ce n’est pas obligatoire. 

Nous allons ensuite chercher à savoir quelles sont les espèces que l’on a le plus de chance de rencontrer. Ça permettra de mieux mémoriser puisque apprendre à reconnaître ces espèces aura plus de sens pour vous et à chaque fois que vous les rencontrerez ça vous fera un rappel qui vous permettra de mieux les retenir. 

Pour ça, différents outils existent :

  • Les bases de données naturalistes régionales (notamment la base de donnée de la LPO “Faune-[votre région]”), 
  • Les listes rouges régionales (choisir les espèces “LC” pour non menacées),
  • ChatGPT (en demandant les 20% d’espèces de tel groupe que l’on a 80% de chance de rencontrer en balade dans votre région par exemple). 

Une fois ces espèces listées, nous allons regarder à quelles familles et quels sous-groupes elles appartiennent grâce à des recherches internet ou à des guides d’identification. 

Il s’agit ensuite d’identifier les critères qui permettent de ranger ces espèces dans ces familles est sous-groupes et les critères qui permettent d’identifier l’espèce. Ici aussi, les guides d’identification avec des clés de détermination sont la solution la plus simple mais des recherches sur le net peuvent aussi faire l’affaire. 

Enfin, nous allons apprendre ces critères en s’aidant d’astuces de mémorisation pour les retenir facilement et à long terme. 

Il s’agit donc de jouer sur le facteur plaisir en choisissant des espèces qui vous intéressent, donner du sens aux informations (en cherchant d’où viennent les noms par exemple) et répéter régulièrement pour retenir à long terme. 

Un très bon outil pour ça sont les “flashcards” que vous pouvez créer avec l’application “Anki” par exemple. 

Enfin, sortez régulièrement dans la nature pour tester vos connaissances et avoir le plaisir de reconnaître facilement les espèces que vous avez appris à identifier. 

Si des flashcards Anki déjà faites vous intéressent, n’hésitez pas à me le dire en commentaire. J’en ai déjà de prête, il faut que je les retravaille un peu mais je pourrais les mettre en téléchargement ici 😉.

Quels animaux ou quelles plantes vous intéressent le plus ? Est-ce que cette approche vous parle et vous à donnée envie d’apprendre à reconnaître certaines espèces ? 

N’hésitez pas à me faire un retour en commentaire, j’y répondrai avec plaisir 🙂

Bonnes découvertes et bonnes observations nature ! 

A très vite ! 

Ressources

(1) Martinez, S. Une mémoire infaillible; Le Livre de Poche, Paris, 2018.

Quelques guides naturalistes avec des clés d’identification

  • Le Cahier d’identification des libellules de France, Belgique, Luxembourg et Suisses, de Jean-Pierre Boudot, Guillaume Doucet, et al.
  • Le Guide Delachaux des fleurs de France et d’Europe, de David Streeter, et al.

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