Le dessin permet d’apprendre à mieux les connaître, on se souvient aussi mieux de ce que l’on a vu, on s’entraîne à reproduire les textures, les couleurs, la perspective …
Et contrairement aux animaux, elles sont plutôt coopératives et sont donc à priori plus faciles à dessiner puisque normalement une plante ne devrait pas se sauver pendant que vous la dessinez.
On peut se simplifier la vie pour les croquer, pas besoin de se compliquer s’il s’agit de dessiner pour noter la forme d’une feuille, l’emplacement des fleurs etc. Pour en savoir plus là-dessus, vous pouvez faire un tour juste ici 😉.
Par contre, si l’on essaie de les dessiner tels qu’on les voit, avec des feuilles à l’avant, à l’arrière, des angles déformés par la perspective, … là, c’est bien plus casse-tête.
En pratique, les feuilles d’une plante sont réparties tout autour de la tige, certaines se rapprochent de vous, d’autres s’éloignent, d’autres encore sont enroulées sur elles-mêmes …
Des distances se retrouvent raccourcies, des angles deviennent vraiment bizarres et pas intuitifs du tout, … bref c’est compliqué.
Je me suis replongé dans ce sujet ces derniers temps pour dénicher les différents conseils pratiques qui m’ont vraiment aidé pour y arriver plus facilement.
Ces conseils sont répartis en 4 catégories qui sont 4 clés pour arriver à dessiner les feuilles en perspective plus facilement quand on est en balade. Il s’agit autant de conseils que de petits exercices pour travailler des compétences utiles pour ce type de dessin :
- l’observation
- la compréhension des formes
- la mémoire visuelle
- la pratique régulière
Bonne découverte, c’est parti !
Pourquoi dessiner les feuilles des plantes dehors est si compliqué
Si vous faites tourner une feuille selon un axe, horizontal ou vertical par exemple, sa largeur et/ou sa hauteur vont se retrouver raccourcies, parfois à l’extrême, en fonction de la position de la feuille.
Ajoutez à ça les nombreuses rotations et pliures qu’ont les feuilles dans les milieux naturels et il y a de quoi être vraiment perdu.
C’est par contre très important de ne pas attendre d’avoir développé suffisamment telle ou telle compétence liée au dessin pour dessiner dehors.
Déjà parce que ce n’est pas la meilleure manière de progresser : travailler une compétence comme l’observation à partir de photos en intérieur ne remplacera jamais tout à fait le fait de dessiner à partir de modèles vivants dans les conditions de l’extérieur ; et aussi parce que c’est se priver d’une activité plaisante qui permet de mieux connaître les plantes qui nous entourent tout en étant dehors.
On pourrait résumer en disant que pour apprendre à dessiner les plantes dehors il faut simplement … dessiner les plantes dehors.
Même si certains exercices et pratiques que l’on peut faire en intérieur (que l’on va voir plus loin) aident vraiment, rien ne remplace tout à fait le fait de dessiner de vraies plantes en extérieur.
Et surtout ne vous mettez pas de pression, c’est normal que ce soit compliqué au début 🙂. Cela doit toujours rester un plaisir donc profitez de ces sorties, qui vous permettent d’être en nature, d’apprendre à mieux observer et connaître les plantes, et ne vous mettez pas de pression par rapport au résultat et au fait de faire un «beau dessin».

Je prend la pause 🙂 (MH Rhee, Pixabay)
Comment dessiner les plantes dehors en 8 conseils pratiques
Approche générale pour dessiner une feuille dehors
On l’a vu, quand on est dehors certaines feuilles seront orientées vers vous, d’autres vont s’éloigner, d’autres partiront en diagonales, …
L’idée centrale est de ne pas se concentrer sur plusieurs choses en même temps : gérer à la fois la longueur, la largeur, l’angle de la feuille, les détails des contours (dents, lobes, etc), etc. On va donc construire notre dessin pas à pas, en s’occupant d’un aspect à chaque fois.
La première chose que je vous conseille est de commencer par tracer l’axe central de la feuille avec sa direction et sa longueur. Il vous aidera à orienter votre feuille.
Ensuite en traits très légers et rapides, dessinez tous les bords de votre feuille, en utilisant un maximum de lignes droites, et sans s’occuper des détails pour le moment. Prenez le temps d’ajuster ce tracé en étant attentif aux largeurs, longueurs et espaces.
Si la feuille se plie, le bord inférieur de la feuille peut être fait dans un deuxième temps, avec des traits droits.
Enfin occupez-vous des détails des bords de la feuille : dents, poils, forme irrégulière qui ondule, etc. Vous pouvez alors ajouter les détails à l’intérieur de la feuille : nervures, trous, taches, etc.
Ce n’est qu’une manière de faire, elle fonctionne pour moi mais ce n’est bien sûr pas la seule. La meilleure façon de savoir si elle vous convient est encore de tester 😉.

5 étapes pour dessiner une feuille : angles et longueurs sont importants ici
Petit échauffement pour démarrer
Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais en général, les dessins que l’on fait en milieu / fin d’une session sont souvent bien mieux réussis que ceux faits tout au début.
Dessiner demande de «changer de mode» en quelque sorte par rapport à ce que l’on fait au quotidien. Comme pour le sport, avant de rentrer vraiment dans l’activité, il faut un peu de temps et les premiers essais ne sont souvent pas les plus réussis.
On peut penser à la première crêpe que l’on fait : elle est souvent ratée mais est nécessaire pour ensuite faire de belles et délicieuses crêpes (pardon pour la comparaison, je crois que j’ai un peu faim …).
Le premier dessin est souvent un peu décevant mais c’est tout à fait normal et il est nécessaire, il prépare le terrain pour les suivants.
Concrètement, vous pouvez faire 2 ou 3 croquis rapides de plantes, de feuilles ou d’un autre sujet, avant de vous lancer (ou bien faire un premier croquis rapide d’un sujet intéressant au début de votre session dessin, puis retenter une deuxième fois juste après). Ne soyez pas déçus si les premiers essais sont ratés, c’est presque leur but, ils préparent la suite 😉.
La première catégorie de conseil est de type «observation».
L’observation
Le dessin de nature est un dessin de type observation (par opposition au dessin d’imagination).
Il repose sur un schéma assez simple :
- On observe attentivement un sujet que l’on veut dessiner,
- on le quitte des yeux pour porter le regard sur sa feuille de dessin,
- on dessine ce dont on se souvient,
- on observe son sujet à nouveau,
- on complète le dessin,
- ainsi de suite jusqu’à finir le dessin.
La clé ici est d’observer attentivement, puis de se souvenir de ce que l’on a vu précisément pour le dessiner tel que c’est et non tel que l’on se l’imagine (ce qui interfère souvent avec le sujet tel qu’il est et fait que le dessin n’est finalement pas tout à fait correct).
Le premier conseil est une mini pratique que vous pouvez faire comme échauffement en début de séance ou bien comme exercice à part entière.
Le dessin en contours aveugles
Cela consiste à faire du dessin de contours (seulement les contours donc, on ne s’occupe pas des textures, ombres etc), sans regarder sa feuille de dessin.
Il faut donc se débrouiller pour voir son sujet, sans voir notre feuille blanche. Posez vos yeux à un endroit du sujet, sur un des contours, puis suivez ce contour des yeux.
Au même rythme, le crayon avance sur votre feuille pour tracer le dessin. Le truc ici est de poser le crayon sur la feuille et de ne le relever à aucun moment, même si vous devez revenir en arrière (sinon vous serez perdu et ne saurez plus où vous en êtes). Repassez sur vos traits si nécessaire.
Cet exercice permet d’observer précisément en mettant de côté ce que l’on sait d’un sujet. Le résultat peut sembler bizarre mais ici le but est l’exercice en lui-même et non le résultat.
En début de séance, cela permet de se poser, de rentrer dans un mode d’observation attentive qui rompt avec le mode habituel sur lequel on fonctionne au quotidien, et de mieux appréhender les sujets complexes.
Pour en savoir plus sur ce petit exercice, vous pouvez faire un tour juste ici.
Le prochain conseil est dans la catégorie «observation» et «mémoire» puisqu’il est très aidant sur ces 2 aspects.

Coquillage en version artistique en contours aveugles
Dessiner dans les airs
Ce conseil permet à la fois d’observer plus précisément, et de mieux se souvenir pour reproduire plus facilement et fidèlement ce que l’on voit.
Il est particulièrement utile pour reproduire de manière fiable les angles. Pour un angle particulier à dessiner, l’axe de la tige, l’axe central de la feuille ou autre chose, fermez un œil, puis, avec votre crayon, suivez ce contour dans les airs, comme pour le dessiner.
Refaites le mouvement plusieurs fois, pour bien l’intégrer. Il s’agit ensuite de refaire exactement le même mouvement, mais sur votre feuille.
Le fait de l’avoir fait dans les airs fait appel à la mémoire du mouvement / des muscles, et comme vous avez suivi exactement le contour tel qu’il est réellement, votre tracé sera exact et précis.
Allons un peu plus loin sur l’aspect mémoire avec le prochain conseil.
La mémoire
S’entraîner au dessin de mémoire
Ce conseil est toujours dans la catégorie échauffement et exercice à la fois.
En fait, comme on l’a vu, tout dessin fait appel à la mémoire. Dès que l’on quitte son sujet des yeux pour regarder sa feuille, on dessine à partir de ce dont on se souvient de ce que l’on a observé. Chaque dessin est donc en partie un dessin de mémoire.
Entraîner cet aspect permet d’avoir un souvenir plus vif et plus précis de ce que l’on a observé, et donc de faire un dessin plus juste, plus facilement et plus rapidement.
L’idée de base est toute simple : observez votre sujet pendant un temps défini, puis dessinez-le sans regarder votre modèle une seule fois. Comparez ensuite votre dessin à la réalité, cherchez les différences, les écarts, et les points à corriger, puis recommencez au moins une fois (observation pendant un temps défini puis dessin de mémoire).
Vous pouvez par exemple commencer par 40 secondes d’observation pour les 2 essais, en utilisant un petit minuteur ou votre téléphone en mode minuteur (bien mieux que le chronomètre qui demande de surveiller le temps et distrait de l’observation).
Commencez par des sujets simples : c’est un exercice assez ardu qui demande à être répété donc ne visez pas trop compliqué au début pour ne pas vous décourager.
Une feuille simple est un bon sujet pour commencer. Si vous attaquez des sujets plus compliqués, vous pouvez augmenter le temps d’observation à une minute par exemple.
Pour aller plus loin, vous pouvez faire un tour sur cet article plus détaillé sur ce sujet. Un très bon livre pour s’entraîner est The Memory Drawing Course Book de Darren R. Rousar. Par contre attention, c’est un vrai programme d’entraînement sur 6 mois, avec des séances quotidiennes de 10-15 min, c’est un peu ardu à suivre, c’est en anglais, mais c’est efficace 🙂.
On passe au concret avec les conseils suivants qui vous aideront à dessiner les feuilles en elles-mêmes.
Nous allons nous pencher sur la compréhension de ces feuilles qui s’enroulent dans tous les sens, et comment se faciliter la vie.
Importance de la régularité :
Les conseils suivants (et les précédents 🙂) ne valent pas grand-chose si vous ne pratiquez qu’une seule fois. Le facteur qui change vraiment tout est le fait de dessiner régulièrement, dans des conditions les plus proches de la réalité possible (donc dehors dans notre cas).
J’ai vraiment vu une très grosse différence de mon côté au moment où je me suis mis à dessiner des feuilles dehors tous les jours pendant une semaine pendant 15 à 30 minutes.
En une semaine, vous devriez voir une nette différence entre le premier et le dernier jour déjà, en termes de compréhension de la perspective, de facilité à dessiner, et de pression ressentie au démarrage par rapport au résultat.
Si c’est compliqué pour vous de trouver un endroit nature accessible avec des plantes pour dessiner tous les jours, nous allons voir plus loin quelques alternatives qui permettent quand même de s’entraîner 🙂.
Compréhension des formes
Décomposer une feuille
Même sans comprendre ce qu’il se passe exactement quand une feuille s’enroule et que deviennent les bords (qui s’amusent à passer un coup devant, un coup derrière), il est possible de dessiner ce type de feuille plus facilement.
Au lieu de voir la feuille enroulée comme une feuille, observez-la comme 2 formes abstraites emboîtées. Si vous dessinez ces formes abstraites accolées, vous obtiendrez votre feuille enroulée.
La feuille peut être composée de 2, 3, ou plus de formes, peu importe, si vous les dessinez vous obtiendrez un dessin correct.

Petite équation pour dessiner une feuille plus facilement
S’entraîner avec un modèle papier
L’idée ici est d’utiliser un modèle papier d’une feuille pour s’entraîner à dessiner une feuille depuis différents points de vue. Ce n’est pas parfait, mais c’est un très bon moyen de s’entraîner à comprendre ce qu’il se passe.
Plusieurs solutions ici : vous pouvez dessiner une feuille puis la découper, vous pouvez faire une petite recherche sur Google Images pour imprimer une feuille de plante au choix et la découper, ou vous pouvez utiliser le modèle téléchargeable en fin d’article.
Une fois que vous avez votre modèle, amusez-vous à le faire tourner selon différents axes pour voir ce qu’il se passe au niveau des angles, des largeurs et longueurs.
Idéalement, dessinez en même temps votre modèle pour observer plus attentivement et mieux retenir. Comment est modifiée la largeur si vous faites tourner la feuille selon l’axe vertical ? Et la longueur ? Idem si vous la faites tourner selon l’axe horizontal, que se passe-t-il ? Et si vous pliez la feuille et la faites tourner ?
Vous pouvez vous entraîner de cette manière 15 minutes par jour pendant une semaine par exemple, sur un moment défini dans votre journée pour vous y tenir plus facilement.
Vous pouvez aussi éventuellement garder ce modèle papier avec vous pour l’observer de temps en temps dans votre journée (dans un moment de creux par exemple) et faire un petit croquis si vous avez de quoi dessiner sous la main.
Vous pouvez trouver des vidéos pratiques pour aller plus loin en bas d’article, avec la mini-formation gratuite sur dessiner les plantes.
Les modèles papier ne sont pas parfaits et ne reproduisent pas toute la variété des formes de vraies feuilles. Le prochain conseil vise donc un peu plus de réalisme.
S’entraîner avec des plantes d’intérieur
L’idée est exactement la même que précédemment, mais en utilisant des plantes d’intérieur comme modèle.
Plus accessibles que leurs copines d’extérieur, ce n’est pas encore parfait mais c’est un bon intermédiaire entre modèle papier et plantes dans la nature.
Ici aussi, observez les feuilles qui sont orientées différemment. Celles qui s’éloignent de vous, celles qui se rapprochent, celles qui partent en diagonales, celles qui s’enroulent, et entraînez-vous à les dessiner.
Là aussi, vous pouvez par exemple faire cette petite pratique 15 minutes par jour pendant une semaine.
Vous pouvez aussi vous déplacer pour varier les points de vue sur votre sujet avec une même plante, vous entraîner aux effets de perspectives et raccourcissements et reproduire un peu la variété que l’on a dans la nature.
C’est effectivement la limite des plantes d’intérieur. Dans un milieu naturel, la lumière vient d’un peu partout, et les plantes poussent avec des feuilles orientées vers le haut, et réparties tout autour de la tige.
En intérieur, la lumière vient souvent d’une fenêtre qui oriente alors toutes les feuilles dans la même direction.
En milieu naturel, les feuilles auront aussi plus tendance à s’enrouler qu’en intérieur, à cause des petits stress imposés (bêbêtes qui les grignotent par exemple).
La solution plantes d’intérieur simplifie donc un peu ce que l’on peut rencontrer dehors mais ça reste un bon entraînement.

Les plantes d’intérieur restent un super modèle pour s’entrainer ! (Нонна Смелова, Pixabay)
Pour finir
Nous avons vu des conseils pratiques pour vous entraîner à dessiner les feuilles des plantes dehors plus facilement, et pouvoir donc dessiner ce que vous observez tel que c’est.
Nous avons vu l’approche générale, puis quels sont les piliers que vous pouvez travailler pour y arriver plus facilement : – l’observation – la mémoire – la compréhension de ce que vous observez Le tout saupoudré de pratique régulière.
Chaque astuce / conseil / exercice devrait vous permettre de dessiner les feuilles des plantes plus facilement. Idéalement, essayez de pratiquer un peu tous les jours, pendant au moins une semaine, pour bien comprendre ces notions de raccourcissement et ces effets de perspective.
Le meilleur sujet pour s’entraîner est évidemment une plante sauvage, qui pousse au grand air, mais les solutions alternatives que l’on a vues, modèle papier et plantes d’intérieur, peuvent quand même être très utiles comme entraînement, malgré leurs limites.
Et pour aller plus loin, vous pouvez regarder la mini-formation vidéo sur dessiner les plantes disponible en dessous de cet article. Elle contient des fiches pratiques et des modèles papier imprimables.
Bonnes sorties, bons dessins et belles découvertes 🙂.
À très vite !
Ressources
- Modèle papier de feuilles et de fleurs à imprimer – Dessiner la Nature
- Comment entraîner sa mémoire visuelle pour mieux dessiner la nature — Dessiner la Nature
- L’exercice le plus efficace pour le dessin d’observation — Dessiner la Nature
- Comment dessiner une plante étape par étape facilement et rapidement — Dessiner la Nature
- The Memory Drawing Course Book — Darren R. Rousar, Velatura Press (2023), ISBN 9798986342542 (programme 6 mois, 10-15 min/jour, en anglais)
- Learn to Draw Plants with John Muir Laws — Wild Wonder Foundation (YouTube)
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A l’intérieur vous y trouverez :
- Une méthode simple pour dessiner des fleurs bien proportionnées, même en partant de zéro
- Les secrets de la perspective pour dessiner des fleurs sous tous les angles
- Des astuces pour les feuilles et pétales enroulés et donner du réalisme à vos dessins
- Des conseils de matériel pour bien démarrer et aller plus loin
🎥 3 vidéos détaillées + 8 fiches pratiques et modèles pour s’entrainer


