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Comment observer des animaux en hiver ? 

Nous nous sommes posés cette question dans la première partie de cet article dans laquelle nous avons vu 2 premières stratégies que les animaux utilisent pour passer la saison froide : rester actif en adaptant son activité et son régime alimentaire, et migrer.

Dans cette deuxième partie nous allons voir 2 nouvelles stratégies qu’utilisent les animaux, ce qui nous permettra de mieux comprendre ce qu’ils deviennent en hiver et ce qu’il est possible d’observer concrètement.

Nous verrons enfin quelques conseils d’observation et comment un carnet peut être d’une grande aide.

C’est parti, bonnes découvertes !

C’est quand même très calme …

Effectivement, au niveau activité animale, l’hiver est plutôt calme … Pourtant, dès les premiers beaux jours, la vie semble exploser, les insectes ré-apparraissent, oiseaux et grenouilles chantent, hérissons et autres petits mammifères s’activent … mais où était tout ce petit monde pendant tout ce temps ?

Pour survivre au froid et au manque de nourriture, les animaux peuvent se faire très discrets, tout en restant bel et bien présents.

La 3ème stratégie est de vivre au ralenti : c’est l’hibernation ou hivernation. La dernière stratégie que nous allons voir est de se transformer.

Les stratégies animales pour passer l’hiver

Stratégie 3 : hiberner ou ralentir fortement

Cette stratégie, la «stratégie marmotte», est largement répandue, sous différentes formes, chez les mammifères, les insectes, les amphibiens et les reptiles.

Le principe est tout simple : on se cache, et on ne bouge plus en attendant que ça passe.

L’activité est alors fortement ralentie, la température du corps baisse, le rythme cardiaque ralentit, et on vit sur ses réserves.

Il y a deux catégories d’animaux qui adoptent cette stratégie : les animaux plutôt modérés, et ce qui y vont à fond. C’est la différence entre hibernation et hivernation.

Vous avez dit hibernation ou hivernation ?1

L’hibernation, ou «stratégie marmotte», consiste à une léthargie profonde qui dure plusieurs mois. C’est radical : les battements du cœur ralentissent à l’extrême (pouvant passer de 300 battements par minute à 3 battements par minute chez les petits mammifères), la température baisse jusqu’à 0°C, le métabolisme est presque à l’arrêt, le transit est en pause … c’est une vie suspendue pendant plusieurs mois. On retrouve des reptiles, poissons, amphibiens, mammifères ou encore des oiseaux qui hibernent : hérissons, souris, grenouilles, certaines chauves-souris, …

L’hivernation consiste elle a une somnolence : l’animal a une baisse importante d’activité mais il reste partiellement actif : il peut continuer à manger et sortir de sa tanière. On retrouve d’autres stratégies qui sont combinées à celle-ci comme celle de faire des réserves de nourriture dans un garde-manger, ou d’avoir une fourrure ou un plumage plus chaud. Parmi les animaux qui hivernent on retrouve par exemple le castor.

Et il y a ceux qui ne veulent pas faire comme tout le monde : les semi-hibernants, dont l’ours fait partie. Il hiberne mais est capable de se réveiller en quelques instants en cas de besoin, là où les hibernants classiques ont besoin de plusieurs jours pour se réveiller.

Dans tous les cas, hibernation ou hivernation, les animaux vont puiser dans leur réserves de graisses accumulées pendant l’été et l’automne.

Hérisson d’Europe dans des feuilles mortes

On se prépare pour l’hiver (Monika, Pixabay)

Castor d’Europe au bord de l’eau

Le castor fait parti des hivernants (Harald Olsen, Wikimedia)

Ne pas réveiller le hérisson qui dort : pourquoi de pas déranger les animaux est essentiel

Sortir de l’hibernation demande du temps, et ce n’est qu’aux beaux jours que les animaux se réveilleront.

Ils pourront alors reconstituer leurs réserves mais il faudra faire vite, c’est un moment où ils sont très vulnérables.

L’équilibre ne tient qu’à un fil et ils ont rarement beaucoup de marge pour passer l’hiver. C’est donc très important de ne pas les déranger en plein hiver : sortir d’hibernation et y rentrer a nouveaux leur demanderait beaucoup d’énergie, ce qu’ils n’ont pas le luxe de posséder à cette période.

Tout réveille prématuré pourrait donc leur être fatal.

Tas de bûches

Un bon petit logement pour passer l’hiver au chaud pour un hérisson (Urszula, Pixabay)

Chez les mammifères

Hérissons, marmottes, loir, lérot ou chauves-souris font partie des hibernants.

Chez ces dernières, le cycle de vie le plus répandu est un peu particulier : la reproduction a lieu en automne, puis les chauves-souris hibernent en colonie pendant l’hiver, ralentissant leur rythme cardiaque et abaissant radicalement leur température, puis la fécondation a lieu en mars-avril.

Madame chauve-souris est effectivement capable de mettre en pause la fécondation après la reproduction pour qu’elle n’ait lieu que quelques mois plus tard, au début du printemps.

Et accrochez vous, avec les grenouilles et crapauds, ça devient encore plus bizarre et passionnant 🙂.

Ours des Pyrénées

Où piquer un somme cet hiver ? (Charles J. Sharp, Wikimedia)

Marmotte des Alpes

Marmotte en pleine réflexion (Ralf Ruppert, Pixabay)

Pipistrelle commune en vol

Pipistrelle commune (Barracuda1983, Wikimedia)

Prévention Hérisson :

Les hérissons ont l’habitude de fréquenter nos jardins. Quand arrive la fin de l’automne, ils se cherchent un endroit bien tranquille pour passer l’hiver : un tas de feuilles, un tas de bûches ou de branches …
Des endroits qui peuvent avoir l’air un peu abandonnés lui conviennent très bien.

Les soucis peuvent arriver quand on veut faire un peu de nettoyage au jardin à cette période : un nettoyage un peu rapide peut déranger un de ces petits dormeurs.

Ça n’a pas l’air de grand chose, mais comme on l’a vu, à cette période, tout dérangement peut être fatal pour les animaux hibernants. Si un nettoyage de certains endroits devient nécessaire, attention aux éventuels animaux comme le hérisson qui pourraient s’y trouver.

Il vaut mieux y aller doucement, idéalement attendre le printemps, et si un animal est rencontré, le laisser tranquille jusqu’aux beaux jours.

Chez les amphibiens

On retrouve 2 possibilités pour les amphibiens : hiberner sur la terre ferme, ou hiberner sous l’eau.

Alors que les amphibiens adultes ont des poumons comme les mammifères, certains sont capables de rester inactifs plusieurs mois sous l’eau en attendant le printemps … Nous allons le voir, l’astuce ne consiste pas à retenir sa respiration aussi longtemps.

Sur terre, les amphibiens (tritons, salamandres, grenouilles et crapauds) ont tout un tas d’options. L’important est que les abris choisis soient tranquilles et les protègent du gel. Il peuvent par exemple hiberner sous des souches, des feuilles mortes, des tas de bois ou encore opter pour des galeries de rongeurs.

On peut les retrouver aussi bien en forêt, qu’au jardin. L’hibernation sur la terre ferme concerne la majorité des amphibiens.

En France, l’option «sous l’eau» est préférée par certaines populations de Grenouille rousse et de Grenouilles vertes. Elles s’enfouissent alors dans la vase de mares (Grenouilles vertes), ou dans la vase de ruisseau, rivières ou étangs (Grenouilles rousses).

Elles ont une petite astuce pour ne pas avoir à rester en apnée pendant plusieurs mois : respirer par la peau.

Grenouille rousse

Grenouille rousse en balade (Holger Krisp, Wikimedia)

Grenouille verte

Grenouille verte (Helge Busch-paulick, Wikimedia)

Crapaud commun

Crapaud commun (Przemysław Jarocki, Pixabay)

Triton ponctué

Triton ponctué (Kristian Peters, Wikimedia)

Salamandre tachetée

Salamandre tachetée (Andreas Glöckner, Pixabay)

Comment respirer sous l’eau sans branchies ?2

La peau des amphibiens est assez particulière.

Là où la notre est plutôt étanche (ce qui est quand même pratique), celle des amphibiens est perméable. Pour certaines espèces, une partie, voire la totalité de leur respiration passe directement par la peau, sans utiliser les poumons.

C’est assez fou : l’oxygène dissous dans l’eau arrive directement dans le sang en diffusant à travers la peau.

Pour hiberner en toute sécurité, cela demande donc une eau assez oxygénée, d’où le choix de rivières par exemple pour la Grenouille rousse.

L’autre aspect de ce fonctionnement est que les amphibiens sont du coup extrêmement sensibles à la qualité de l’eau. Ils souffrent particulièrement de la pollution, par les pesticides ou par des métaux, qui sont absorbés beaucoup plus directement en diffusant par la peau.

Les reptiles aussi disparaissent complètement en hiver. Mais que deviennent-ils pendant tout ce temps ?

Chez les reptiles

La stratégie est assez proche de celle d’une partie des mammifères ou des amphibiens : se cacher, abaisser sa température et vivre sur ses réserves.

Après avoir fait des stocks de graisses en automne, les reptiles se cherchent donc un lieu protégé, fissures de roches, souches, tas de bois et de pierres, murs anciens, … et ne bougent plus jusqu’au printemps.

Leur température descend alors entre 0°C et 10°C. Ils piquent ce petit somme entre novembre et mars, quand les températures descendent sous les 10°C, avec des réveils possibles pour certaines espèces pendant les redoux.

Mais quand il fait très froid, ou dans certaines parties du globe où les températures sont vraiment basses, comment font-ils ?

Et bien certains amphibiens et certains reptiles repoussent les limites très loin en étant capable de geler en partie, sans que ça ne leur pose de problème.

Lézard des murailles

Lézard des murailles : même pas peur du froid (Wild public, Wikimedia)

Couleuvre helvétique

Couleuvre helvétique (Benny Trapp, Wikimedia)

Survivre au gel

Nos petits Lézards des murailles, que l’on retrouve chez nous, peuvent survivre à des températures négatives, même s’ils doivent geler en partie.

Il a été montré qu’ils peuvent survivre à -6°C pendant 2h, avec une quantité de glace dans le corps qui représente 28% de leur masse corporelle.3

En Amérique du nord, une grenouille va encore plus loin : elle tolère jusqu’à 60% de glace corporelle et est capable de survivre plusieurs mois à des températures de -15°C.

Avec autant de glace dans le corps, il ne reste plus beaucoup de place pour un fonctionnement interne normal …

Et bien ce n’est pas un souci pour elle puisque son cœur peut tout simplement s’arrêter de battre pendant plusieurs mois, jusqu’au retour de températures plus clémentes, où il repartira tranquillement. Le secret réside dans une sorte d’antigel naturel produit par ces grenouilles4.

Et chez les insectes alors ? Voyons ça tout de suite 🙂.

Chez les insectes

Pour une partie des insectes, la stratégie est très proche de celle des autres animaux que l’on a vu dans cette partie : on se cache et on ne bouge plus.

Pour les syrphes (des mouches déguisées en guêpes ou autres insectes) alors que certains vont migrer (comme on l’a vu dans la première partie de l’article 😉) d’autres vont se cacher dans des fissures, sous des écorces ou dans des greniers.

Les coccinelles passent l’hiver seules sous des feuilles alors que leurs cousines asiatiques préfèrent rester en groupe sous des écorces, dans des greniers, des murs, de la litière de feuilles …

Chez les guêpes et les bourdons c’est assez particulier puisque seules les reines fécondées survivent à l’hiver en se cachant dans des galeries souterraines, des tas de feuilles ou des fissures d’écorces. Tous les autres individus meurent avec le froid de l’automne.

Mais certaines espèces d’insectes, tout comme les reptiles et amphibiens, sont capables de survivre au gel.

Coccinelle rassemblée en hiver

Rassemblement hivernal entre copines (Vlinder, Pixabay)

Les insectes qui survivent au gel

La technique de l’antigel est assez répandue, puisqu’on la retrouve aussi chez certains papillons qui passent l’hiver en tant qu’adultes.

Même si le citron givré, c’est très bon, quand on parle de papillons, c’est un peu dommage.

Le papillon Citron peut abaisser son point de congélation jusqu’à -20°C. Concrètement, cela veut dire que tant qu’il fait plus de -20°C, il ne gèle pas grâce à une sorte d’antigel naturel. Pour se protéger, il s’abrite en plus dans des lieux comme des cavités d’arbres ou du lierre.

Idem pour des papillons comme la Petite tortue ou la Grande tortue (oui, dans le monde des papillons, les citrons et les tortues volent).

Et attention, si on part un peu plus loin, on rentre dans un autre univers : en Amérique du nord, le Cucujus clavipes, un petit coléoptère, est capable de survivre à -58°C … Il combine pour ça déshydratation et antigel à base de glycérol5.

Papillon Citron posé

Pour ne pas se transformer en Citron givré, le Citron a un antigel naturel (David Maw, Pixabay)

Scolyte rouge Cucujus clavipes

Devise du Cucujus clavipes : Non, je ne gèlerait pas ! (Katja Schulz, Wikimedia)

Passons à la dernière stratégie : se transformer.

Stratégie 4 : se transformer

Le principe est tout simple et ne concerne que les insectes : ne pas passer l’hiver sous la forme adulte.

Cette saison est passée sous une autre forme, plus résistante au froid, et ne demandant pas forcément de s’alimenter. On a l’option œuf, larve ou cocon.

L’insecte peut donc vivre une année, ou plusieurs années, tant que la phase adulte ne passe pas l’hiver.

Chez les libellules par exemple, le stade de larve aquatique occupe la majorité de la vie de l’insecte. Il peut durer de quelques mois à 5 ans en fonction des espèces.

Quelques exemples en plus

Parmi les insectes qui passent un hiver, voire plusieurs hivers, sous forme de larves, on retrouve par exemple le Perce-oreille (1 an, parfois 2 en larve), les Cigales ou encore des coléoptères qui se nourrissent de bois mort.

Si on cherche du côté des records, la palme est décernée à un petit Coléoptère d’Amérique du nord, Buprestis aurulenta, qui peut quand même passer une cinquantaine d’années au stade de larve.

Côté papillons, le Machaon passe l’hiver en chrysalide, le Demi-deuil s’enterre en chenilles solitaires et le Tabac d’Espagne passe l’hiver sous forme d’œufs. Sauterelles et criquets pondent également dans le sol juste avant l’hiver.

On a maintenant fait le tour des 4 stratégies utilisées par les animaux pour passer l’hiver. Concrètement, comment utiliser toutes ces informations pour observer plus de choses à cette période ?

C’est ce que je vous propose de voir dans la prochaine partie avec quelques conseils pratiques 🙂.

Rosalie des Alpes

Rosalie des Alpes : la larve vie 2 à 4 ans, l’adulte 2-3 semaines (Daniel Mačura, Pixabay)

 Œufs de papillon Machaon

Œufs de papillon Machaon (Chai, Wikimedia)

Chrysalide de papillon Machaon

Chrysalide de Machaon (Wikimédia)

Larve aquatique de libellule Æschne bleue

Larve aquatique de libellule (Yami no Yami, Wikimedia)

Observer les animaux en hiver

Conseil n°1 : Changer ce que l’on cherche

Si on reprend ce que l’on a vu, les animaux peuvent :

  1. Rester actifs en adaptant leurs comportements
  2. Migrer
  3. Se cacher et vivre au ralenti (hibernation et hivernation)
  4. Se transformer

Pour ne pas déranger les animaux, on va éviter de chercher activement des individus qui hibernent / hivernent.

Ceux qui se transforment, sont assez durs à voir et sont plutôt fragiles. Les chercher et les trouver pourrait entraîner une destruction accidentelle …

Il nous reste donc ceux qui restent actifs et ceux qui migrent.

Parmi les animaux qui migrent, certains oiseaux arrivent chez nous et y restent pendant l’hiver. C’est le cas de nombreux oiseaux d’eau.

Les grands plans d’eau peuvent donc être intéressants à prospecter pour trouver certains oiseaux que l’on ne voit pas le restant de l’année.

D’autres oiseaux arrivent aussi en hiver en France en dehors des oiseaux d’eau, c’est donc toujours un bon moment pour s’intéresser à ce groupe 🙂.

Du côté de ceux qui restent actifs, en dehors des oiseaux, on retrouve les mammifères.

En dehors de l’observation directe, on peut observer des traces et indices de leur présence : restes de repas (graines variées), empreintes dans la neige ou dans la boue, poils, et crottes pour les plus motivés.

Vous trouverez un peu plus d’informations sur ce point dans la première partie de l’article 😉.

Traces d’animaux dans la neige

Carrefour de mammifères (Alois Grundner, Pixabay)

Restes de noisettes mangées par un Écureuil

Un Écureuil est passé par là (Giorgiomonteforti, Wikimedia)

Oiseau Sarcelle d’hiver

Sarcelle d’hiver en hiver (Gailhampshire, Wikimedia)

Conseil n°2 : Adapter sa sortie

Certaines conditions sont plus favorables à l’observation de traces : la neige et le temps humide en général est votre meilleur allié.

Toujours pour les mammifères, les meilleurs moments, comme le restant de l’année, sont le soir et tôt le matin.

Ces moments combinent plusieurs avantages qui facilitent l’observation : les animaux sont plus actifs, et ils se montrent plus comme les espaces sont moins fréquentés.

Les heures et moments creux, quand il y a beaucoup moins de monde dehors, sont aussi de bons moment pour faire de belles observations. C’est ce que l’on a vu avec les confinements : sans activité humaine, les animaux se montraient à nouveau.

C’est aussi ce que j’ai pu observer tôt le matin au moment du décalage horaire : les espaces verts étaient déserts et j’ai pu sans mal faire de belles observations 🙂.

En général, si vous apercevez ou entendez un animal, prenez le temps de ralentir, de vous arrêter et d’observer.

Ils auront plus de chance de rester proches, et de retourner à leurs activités malgré votre présence. Et peut-être que là où vous pensiez qu’il n’y avait qu’un oiseau ou un écureuil, vous en verrez bien vite 4 ou 5 qui oseront se montrer.

La pluie a aussi un double avantage : il y a moins de monde dehors (donc les animaux se montrent plus), et leurs sens peuvent être perturbés. L’odorat et l’ouï de mammifères par exemple, qui sont très développés en général, peuvent être perturbés par la pluie. Vous aurez donc plus de chance de faire des rencontres par hasard.

Dessiner pour mieux comprendre et observer le vivant :

Un carnet de terrain peut servir à collecter ses observations et découvertes. Il peut permettre d’apprendre à mieux observer et à donner du sens à ce que l’on voit.

Vous pouvez noter vos observations avec vos propres mots ou à l’aide de croquis simples, que ce soit des animaux directement ou des traces et indices qu’ils ont laissés.

Noter les questions qui vous viennent, et les hypothèses sur qui a laissé cette trace et pourquoi / ce que faisait l’animal, vous permettra d’apprendre à être plus attentif et à «lire» et comprendre votre environnement.

En notant le lieux, la date, l’heure et la météo liée à vos observations par exemple, vous apprendrez à connaître les habitudes des animaux : à quels moments, dans quelles circonstances et où vous avez le plus de chance de les rencontrer.

Pour finir

L’hiver est une période difficile pour le vivant. Elle présente des contraintes, le froid et le manque de nourriture, qui l’oblige à trouver des stratégies pour survivre. Dans cet article en 2 parties, nous avons vu les 4 stratégies que peuvent utiliser les animaux pour passer cette saison :

  1. Rester actifs en adaptant leurs comportements
  2. Migrer
  3. Se cacher et vivre au ralenti (hibernation et hivernation)
  4. Se transformer

En fonction des espèces, certains groupes d’animaux peuvent combiner différentes stratégies. Nous avons vu les adaptations les plus courantes et les plus extrêmes et surprenantes pour survivre aux températures parfois très froides de l’hiver.

Comprendre ces différentes stratégies permet de savoir ce qu’il est possible d’observer et comment le faire concrètement. Savoir quoi chercher, quand sortir et utiliser un outil tout simple comme un carnet d’observation font partie des principaux conseils que nous avons vu ici.

J’espère que cet article vous à plu et que vous avez appris des choses intéressantes, qui vous serviront pour votre prochaine sortie hivernale 🙂.

Pour en savoir plus sur comment utiliser un carnet pour observer la nature, vous pouvez télécharger le guide juste en dessous de cet article 😉.

Et si vous avez des questions ou partages, rendez-vous dans les commentaires un peu plus bas, j’y répondrai avec plaisir 🙂.

A très vite et belles observations !

FAQ

Petit regroupement de questions que l’on peut se poser sur ce que deviennent les animaux en hiver.

Que deviennent les insectes en hiver ?

La plupart des insectes utilisent la dernière stratégie : se transformer. Leur température interne dépend directement de la température extérieure et ils sont très vulnérables en tant qu’adultes.

Ils passent donc la plupart du temps l’hiver sous formes d’œufs, de larves ou de cocon, cachés sous des feuilles ou dans des fissures d’écorce par exemple. Certains choisissent d’autres stratégies en migrant ou en se cachant sous formes adultes. Pour survivre au gel, certains insectes comme le papillon Citron produisent un antigel qui leur permet de ne pas congeler.

Mais où sont passés les mammifères ?

Les mammifères sont moins actifs en hiver. Ils évitent les grands froids en restant à l’abri. Certains restent actifs, surtout le matin et le soir, en adaptant leur régime alimentaire. D’autres hibernent : ils se cachent, réduisent leur activité au minimum en abaissant leur température et leur rythme cardiaque, et attendent le printemps.

Enfin, d’autres hivernent : ils dorment beaucoup mais restent plus ou moins actifs pour se nourrir de temps en temps par exemple. Ils peuvent se constituer une réserve de nourriture qui reste à portée de pattes.

Pourquoi certains oiseaux partent et d’autres restent ?

Les oiseaux partent essentiellement pour trouver la nourriture qu’il leur manque en hiver. Ceux qui restent affrontent le froid et le manque de nourriture mais ne prennent pas le risque de la migration. Ils adaptent alors leur régime alimentaire, en se nourrissant de graines, de petits fruits, ou d’invertébrés trouvés dans le sol et les feuilles.

Enfin, certains arrivent chez nous pour éviter des températures encore plus froides et le manque de nourriture. Ils repartent au printemps pour retrouver des espaces plus grands, plus calmes et avec plus de sources de nourriture.

Et les amphibiens et reptiles, que deviennent-ils en hiver ?

Ils dorment 🙂. Comme les insectes, leur température dépend de celle de l’extérieur, ils choisissent donc d’hiberner, en se cachant sur terre ou sous l’eau en fonction des espèces.

Sur terre, ils peuvent se cacher sous des feuilles mortes, des souches, dans des murets ou dans des galeries. Sous l’eau, ils s’enterrent dans la vase de mares, étangs, ruisseaux et rivières. Cela concerne moins d’espèces (et uniquement les amphibiens). Elles respirent alors uniquement par la peau : l’oxygène dissous dans l’eau diffuse à travers la peau pour rejoindre le sang.

Ressources

(1) Quelle diférence entre l’hibernation et l’hivernation ? Museum National d’Histoire Naturelle, 2023

(5) Cucujus clavipes, Wikipedia

Ressources pour aller plus loin : 

Clé de reconnaissance des empreintes de mammifères, ONF

– Application Clés de forêts (empreintes, arbres et rapaces), ONF

Le guide nature Traces et indices, 2e édition, Collectif, ed La Salamandre, 2024

Tracking for Nature Journalers, YouTube, John Muir Laws, 2020 : vidéo sur comment utiliser un carnet d’observation pour apprendre à déchiffrer les traces des animaux

– La migration des oiseaux: Comprendre les voyageurs du ciel, Maxime Zucca, ed Sud Ouest, 2024 : Ouvrage de référence sur la migration des oiseaux

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